Le meilleur de l’artisanat africain. Diaporama


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Les meilleurs artistes africains ont depuis trois éditions leur espace réservé au Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (Siao). Le « pavillon de la créativité » regroupe dans une centaine de mètres carrés les plus inédites, les plus étonnantes et tout simplement les plus belles pièces du plus grand salon de l’artisanat du continent. Peinture, sculpture, mobilier d’intérieur, tapis, rideaux, lampes… un mois après la fermeture du Siao 2004, Afrik vous propose la visite guidée du pavillon de la créativité.

VISITER LE PAVILLON DE LA CREATIVITE

Le pavillon de la créativité. « J’aurais bien aimé avoir mes œuvres exposées ici », regrette Saïdou en observant une couverture noire et marron réalisée au métier à tisser. « Mais les sélections étaient déjà terminées lorsque j’ai souhaité les proposer ». Lui-même présente ses tissus, bogolans et autres basins un pavillon plus loin, dans l’atmosphère urbaine des marchés de Ouaga, leur chaleur, leur bruit et leurs joyeux rabatteurs. Rien à voir avec la fraîcheur du pavillon « de l’excellence », selon les termes du directeur général du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (Siao), climatisé et baigné de lumière grâce aux nombreuses fenêtres qui trouent le mur blanc du bâtiment. Des conditions d’exposition idéales pour l’espace qui regroupe depuis trois éditions le meilleur du Siao. Des objets usuels ou décortifs, qu’ils aient une vocation artistique, écologique, qu’ils expriment un message ou non.

L’écologie à l’honneur

Ici, pas de vendeurs… Parfois l’auteur d’une œuvre qui se promène entre les pièces entreposées dans le bâtiment rond et qui profite de la climatisation de la salle. Les lampes de Tidiane Traoré lui ont valu d’être exposé dans le pavillon de la créativité pour la seconde biennale consécutive. Le Malien incruste sur l’une des faces de ses abat-jour triangulaires des négatifs de pellicules. « Je fais des statuettes en bronze, qu’il m’arrive de prendre en photo, et comme je ne veux pas jeter les films, je m’en sers pour faire mes luminaires », explique-t-il dans un boubou blanc et derrière des lunettes de soleil noires. Pour d’autres lampes, les négatifs ont tout simplement été trouvés dans des ordures. Une conscience écologique qui lui a valu d’être primé, lors de la dernière édition du Siao, pour des instruments de musique qu’il recouvrait de verres de lunettes de soleil jaunes, rouges, violets, verts… récupérés dans la rue.

En jean et tee-shirt, Kossy Traoré, qui se promène dans la salle d’exposition sans vraiment s’y sentir à sa place, n’a pas l’expérience de son voisin. Il doit sa présence au Siao à une seule et unique pièce : le « Gnamaton ». Un nom qui n’évoque rien de plus que l’objet au visiteur non familier avec le dioula. Un seau violet et jaune, avec un fond en tamis, trône sur un reposoir dont le socle est fait d’un pédalier de vélo. Du pédalier part un long tube qui se termine sur un guidon, à hauteur du seau. « ‘Gnama’ signifie en dioula déchet, et ‘ton’ désigne un regroupement », explique le jeune sculpteur fondeur de Bobo Dioulasso, tout à sa joie d’avoir eu sa création retenue. Pourquoi faire une poubelle avec un fond non hermétique ? Parce que « les gens ont tendance à jeter des liquides dans les poubelles, ce qui est sale. Or si une personne qui vient de nettoyer sa cuisine se prend à verser un liquide dans son gnamaton, la prochaine fois, elle ne le fera plus. »

Cette conscience écologique, l’Airta (association pour l’innovation et la recherche technologique appropriée) la développe avec plus de moyens et avec des ambitions moins artistiques. L’association propose de transformer les nombreux déchets plastiques qui défigurent Ouagadougou, comme nombre de villes africaines, en « bordures de fleurs ». Sur une photo, s’étale une poubelle improvisée dans la rue où apparaissent ostensiblement des sachets plastique. Plus bas, le résultat de la transformation des déchets en des dalles d’une quinzaine de centimètres, vertes, d’où apparaissent de petits confettis roses. Un résultat esthétique peu probant mais qui peu être perfectionné.

Esthétique et utilité

La majorité des exposants sont absents du pavillon, mais comme l’objectif reste de mettre en contact acheteurs et créateurs, chaque œuvre est accompagnée d’une carte d’information qui indique le lieu d’exposition de son auteur, dans le Siao, ainsi que ses coordonnées dans son pays. Mais nul besoin d’explication pour comprendre la source d’inspiration de Compaoré Hubert. Sur l’une des deux tranches de son vase, fait de deux ovales en terre cuite vernissée, un corps grimpe difficilement jusqu’à l’ouverture. Il est retenu par deux cordes, attachées à ses pieds, qui disparaissent sous le vase. La tête, qui devrait être la seule partie du corps à surplomber le vase, a disparu. La pièce s’appelle « Souvenirs de l’esclavage à Gorée ». Même référence pour Hachim Touré, qui expose un « pied de la liberté » en cuivre, dans des sandales et dans ses fers. Cinq mèches sortent des ongles. Un ajout loin d’être indispensable, sans doute destiné à faire de la statue un objet usuel.

Car l’essentiel des objets exposés dans le pavillon de la créativité le sont, en plus d’être beaux. Comme le rideau d’Anna Massan, « la course du zèbre », fait de bandelettes tachetées noires et blanches qui s’entrecroisent horizontalement et verticalement tous les dix centimètres. Dans l’intervalle, courent de haut en bas de minces fils plastiques, également noirs et blancs, qui les jours de soleil dessinent de fins rayons de lumière. Le salon massif de Hachim Touré, taillé dans le bois, avec ses sièges en forme de crocodiles et de tortues, ou encore le « salon en poterie » de Atag Kraft, avec ses tabourets en forme de tête ronde à deux faces et aux grandes oreilles, allient également la beauté et l’utilité. Le lampadaire touareg de K-Lala, qui culmine à 1,80 mètres, est composé d’une longue lance traditionnelle qui ne saurait servir à autre chose qu’à éclairer son intérieur.

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