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Culture - Afrique du Nord - Maroc - Formation

Bien former les journalistes
Pr Abdelmounaïm Dilami, PDG du groupe L’Economiste

Comment développer les compétences professionnelles des journalistes de manière efficace ? Pour Abdelmounaïm Dilami, PDG du groupe de presse l’Economiste au Maroc, c’est à l’entreprise d’avoir sa propre politique de formation pour adapter avec pertinence les programmes aux différents profils et niveaux de chacun. Interview.



jeudi 6 novembre 2003


De notre envoyé spécial à Libreville David Cadasse

Compter sur de bons journalistes. Adbelmounaïm Dilami, président directeur général du groupe L’Economiste au Maroc, estime que l’entreprise doit être maître d’œuvre dans la formation professionnelle. Un investissement scrupuleusement pensé pour être adapté et efficace. Conférencier aux 35è assises de la presse francophone à Libreville (Gabon), M. Dilami opère par ailleurs une distinction entre formation et perfectionnement des journalistes et croit aux vertus de l’échange d’expérience.

Afrik : De qui relève la formation des journalistes ?
Abdelmounaïm Dilami : La formation est uniquement le problème de l’entreprise. Il s’agit d’un investissement. L’entreprise doit avoir sa propre politique de formation. C’est à l’intérieur de l’entreprise que le raisonnement en matière de formation et de perfectionnement doit se faire.

Afrik : Qu’est-ce, pour vous, que la formation ?
Abdelmounaïm Dilami : Je distingue le journaliste débutant et le journaliste professionnel qui a besoin de se perfectionner, de se mettre au courant des différentes techniques. Il s’agit de choses radicalement différentes. Pour les débutants, je ne parle pas des diplômés des écoles de journalistes qui d’ailleurs ne représentent à travers le monde que 10 à 15% qui des gens qui exercent cette profession. Souvent il s’agit d’un jeune universitaire qui a un savoir théorique et une culture générale, mais qui n’a pas les techniques professionnelles journalistiques. C’est une formation que l’on donne en interne aux débutants avec un système basé sur le tutorat. Par contre il faut constamment rechercher l’excellence pour les professionnels qui sont déjà en exercice. Non pas leur donner une formation - il n’est pas question de remettre en cause la compétence de quiconque - mais leur offrir toutes les occasions pour leur permettre de s’améliorer.

Afrik : C’est une chose que vous ne pouvez pas effectuer exclusivement en interne. Comment faites-vous pour permettre aux journalistes confirmés de s’améliorer ? Par des stages ?
Abdelmounaïm Dilami : Beaucoup de stages de formation s’avèrent complètement inefficaces car ils raisonnent trop dans la globalité. Vous ne pouvez pas prendre un journaliste qui a une licence en économie, un autre qui a une diplôme d’étude supérieur en droit ou en sociologie, un qui a deux ans d’expérience, un autre qui en a dix, pour faire un même stage. Chacun possède son propre niveau de culture générale, si un perfectionnement veut être efficace, il faut qu’il s’adresse spécialement à l’individu ou à un besoin précis qui soit commun à tous, comme un stage de leadership que nous avons récemment proposé à nos chefs de rubrique.

Afrik : Quels autres types de perfectionnement sont efficaces ?
Abdelmounaïm Dilami : Nous recherchons beaucoup des stages dans d’autres rédactions à l’étranger. Cela permet à la fois de vérifier nos propres pratiques et d’en acquérir de nouvelles. Le journaliste acquiert une autre expérience professionnelle dont il nous fera profiter à son retour. C’est enrichissant pour lui et pour les autres. Et puis le fait de séjourner à l’étranger pour un journaliste est très bénéfique au point de vue personnel, car cela l’amène à relativiser les choses et à avoir une vision plus large du monde.



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