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Objectif beauté
Ava Paris maquilleuse
Ava Paris, 26 ans, maquilleuse. Hasard de la vie, c’est au cours d’une rencontre qu’elle débute une carrière inattendue aux Etats-Unis dans la communauté africaine- américaine, il y a cinq ans. Perfectionniste, elle exerce depuis ses talents en France et s’inscrit comme une spécialiste des peaux noires et métissées.

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  mercredi 18 juin 2003 / par David Cadasse

" Welcome to Ava Paris, I’m not here for the moment, please leave me a message, bonjour vous êtes bien sur le portable d’Ava Paris, je ne suis pas là pour le moment mais laissez-moi un message ! " Le répondeur bilingue de la maquilleuse Ava Paris est un peu le témoin d’une histoire. Celle d’une jolie jeune fille, partie à l’aventure aux Etats-Unis, il y a cinq ans, et rentrée en France avec un métier auquel elle n’était pas prédestinée : maquilleuse. Après avoir exercé outre-atlantique dans l’univers africain-américain, elle développe aujourd’hui en France des techniques particulières pour les peaux noires et métissées. Un atout dans son travail, mais pas le seul dans sa vie. Car Ava, touche-à-tout créative et perfectionniste, a bien d’autres cordes à son arc.

D’où vient Ava Paris ? Difficile, en effet, de cerner les origines africaines d’Ava. Et pour cause : " Mon père est sénégalais et guinéen, ma mère malienne et mauritanienne ", s’amuse-t-elle, fière d’un tel mélange. Un mélange qui lui attire bien des regards et lui ouvrira les portes d’un bien inattendu destin professionnel. 1998, Ava, en vacances aux Etats-Unis, attend son train sur le quai d’une gare new-yorkaise. Un homme l’accoste : il est coiffeur. Il organise des défilés de mode et la veut dans le prochain show. Elle l’accompagne le même jour dans les différentes agences de mannequins de la ville pour boucler son casting. Quand elle montre ses maigres photos, plus que la plastique d’Ava, c’est son maquillage qui séduit l’oeil des professionnels. " Qui vous a maquillé ? ", lui demande-t-on à l’agence Whilemina. Personne d’autre qu’elle-même... Une sensibilité qui ne laisse pas indifférents quelques grands noms de la place comme l’agence MAD d’Hilory Beckford, la mère de Tyson Beckford, le plus célèbre mannequin noir américain.

De la musique au pinceau

" C’est une opportunité qui s’est présentée. Je n’avais jamais pensé travailler comme maquilleuse. Il m’arrivait de temps en temps de maquiller mes copines mais ça s’arrêtait là. J’étais juste partie aux Etats-Unis pour changer d’air et pour parfaire mon apprentissage musical ", explique-t-elle. Car Ava souhaitait au départ embrasser une carrière artistique. C’est après son bac littéraire qu’elle intègre à 18 ans la chorale gospel Chords singers à Paris. Pendant trois ans, sa vie sera rythmée par les tournées et les répétitions. Le groupe assurera, entre autre, la première partie d’artistes de renom tels que Mireille Mathieu, Johnny Hallyday ou Liz Mac Comb. Mais les yeux d’Ava restent tournés vers l’Amérique.

Rentrée par la petite porte dans le monde de l’esthétisme, la Sénégalo-guinéo-mauritano- malienne, curieuse et volontaire, ne tarde pas à se trouver une vocation. " Je suis autodidacte. Rétrospectivement, je suis contente de ne pas avoir fait d’école parce que je pense que cela aurait complètement inhibé ma créativité. Ce n’est pas parce qu’on a fait une école qu’on devient maquilleuse. Pour ma part, j’observe beaucoup et je n’ai pas peur d’expérimenter de nouvelles techniques ", commente-t-elle.

Exhausteur de beauté

Celle qui se considère aujourd’hui comme un " exhausteur de beauté " définit sa profession comme un domaine artistique. " Il n’y a pas de fille moche qu’on ne peut rendre belle ", affirme-t-elle. Telle un peintre devant son modèle, elle mélange les fonds de teint pour obtenir les bonnes couleurs et les bonnes textures. " J’essaie également d’ouvrir le panel de couleurs pour faire évoluer le maquillage. Pour l’application, à chacun sa technique, mais ce qui compte par-dessus tout ce sont les finitions. "

Au cinéma, à la télé, dans la mode, elle développe de nouveaux talents, parmi lesquels des techniques de maquillage pour les effets spéciaux, les tatouages et le body painting. Son avenir semblait tout tracé aux Etats-Unis. Ava décide pourtant de rentrer en France à la faveur du mariage de sa meilleure amie. Un semi-prétexte qui cache un raz-le-bol de l’Amérique. " Je pesais 78 kg en débarquant aux Etats-Unis, je n’en pesais plus que 57 à mon retour. J’ai été éduquée à la saveur et je refusais de manger n’importe quoi. " Amoureuse de ses formes elle confie également qu’elle n’avait, de toute façon, pas l’intention de rester là-bas et reproche à la communauté africaine-américaine sa " médisance et son manque de solidarité ".

Lacunes françaises

" Il n’y a pas beaucoup de maquilleuses en France qui savent bien maquiller les Noirs ", estime-t-elle. " Les peaux noires sont des carnations qu’elles ne maîtrisent pas. Elles ne font pas attention au fond de peau. Car il ne faut pas confondre la couleur de la peau -le teint- et le fond de peau. Il y a là un abus de langage. Les couleurs de fond de peau sont le jaune, l’orange, le rouge, le vert olive, le bleu et le violet. Le problème des maquilleuses en France c’est qu’elles n’ont pas l’initiative de faire des mélanges pour trouver la bonne couleur en fonction des fonds de peaux des personnes noires et métissées, alors que ceux-ci sont très subtiles et diversifiés. "

Ava accorde d’ailleurs une attention particulière aux mélanges. Elle estime qu’il faut être coloriste avant d’être maquilleur. " Il faut savoir mélanger et agencer les couleurs afin qu’elles donnent le meilleur effet. Ava reproche également aux maquilleuses de France de toujours utiliser des couleurs froides sur les peaux noires. " Les couleurs comme le gris, le doré irisé et le blanc sont très utilisées sur les peaux noires alors qu’elles affadissent le teint. Il conviendrait d’utiliser des couleurs chaudes comme le rouge. Elles flashent tout autant mais ont la particularité de rehausser le teint. "

Multiples talents

Ava est un véritable puits de science lorsqu’elle parle de maquillage. Pour autant, il ne faudrait pas la réduire uniquement à cela. Si elle ne s’est pas cantonnée aux peaux noires et métissée et maîtrise toute les carnations, elle a aussi d’autres centres d’intérêt et d’autres talents. D’une part, la musique, un domaine qu’elle n’a jamais quitté. Cours de chant, elle travaille toujours sa voix et tient pour l’heure ses plans secrets. Mais aussi le stylisme, la photo et l’audiovisuel. " Mon rêve est de réussir dans tout ce que j’entreprends. " Ambitieuse, optimiste et travailleuse, Ava tisse patiemment sa toile et construit son avenir. Un avenir haut en couleurs, elle qui veut voir la vie en rose.

Decouvrir Ava Paris sur son site

Photos :
Ava Paris.

Quelques unes de ses réalisations :
Le boxeur poids lourd Michael Grant.
Pin-up été 2001 pour Y2G.
Le rappeur Cuban Links pour la ligne streetwear Willie ESCO.
FUBU Girl collection 2001.
L’acteur Gano Grills (OZ, Hannibal).

Pour plus d’information rendez-vous sur notre dossier beauté africaine :



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