100 000 dollars par délégué. C’est la somme que le Suisse Sepp Blatter a dû sortir pour être élu à la tête de la Fédération internationale de football (Fifa) en 1998, si l’on croit l’enquête du Daily Mail. Avec force détails, le quotidien anglais retrace l’acadabrantesque aventure du président de la Fifa. Pour se débarrasser de son concurrent suédois Lennart Johansson, président de la Fédération européenne de football (UEFA), Sepp Blatter aurait acheté des voix de délégués africains. L’histoire ressemble à un mauvais feuilleton hollywoodien. Plein de rebondissements, fric à gogo, corrompus et corrupteurs, et une trame digne de Dallas. Il faut bien s’accrocher pour voir clair dans le marigot.
Dollars, émirs et Africains
L’élection de Sepp Blatter n’a pas été facile. Paris, 1998. La guerre fait rage entre l’actuel président de la Fifa et son concurrent suédois. Jour J : " les délégués africains avaient failli tomber de leur chaise à l’annonce du résultat du vote tant ils avaient été surpris par la victoire de Blatter, qui visiblement, n’était pas prévue ", raconte un témoin à Libération. 111 voix pour Sepp Blatter et 80 pour Lennart Johansson . La victoire imprévue ne serait pas le fruit du hasard ou de la conviction.
Le Daily Mail révèle que 18 délégués africains, dont les voix avaient été promises à Johansson, avaient finalement voté pour Blatter " après que des bailleurs de fonds arabes eurent frappé à leur porte d’hôtel au milieu de la nuit ". Le quotidien cite le vice-président de la Confédération africaine (CAF) et président de la Fédération somalienne, Farah Addo, qui, lui, aurait refusé cette offre nocturne. Selon Addo, un Etat du Golfe lui aurait proposé 115 000 euros pour modifier son vote, alors que les 51 membres de la CAF avaient décidé de voter pour le Suédois Lennart Johansson.
Rendez-vous dans un mois
" J’entends ces histoires depuis quatre ans. Je ne veux pas me comporter comme un mauvais perdant ni même écouter les rumeurs ", rappelle, vicieusement, le président de l’UEFA. Car la rumeur sur cette affaire de corruption court depuis quasiment 1998. " Si quelqu’un a des preuves, qu’il en fasse état publiquement. Ce jour-là, je ferai une déclaration ", tranche le Suédois, attentiste.
Les élections pour la présidence de la Fifa auront lieu dans un mois à Tokyo. Pour l’instant, seul Sepp Blatter, qui considère que cette affaire " n’est qu’une campagne de diffamation et de déstabilisation ", s’est déclaré officiellement. Tous les regards sont dirigés vers Issa Hayatou, le président de la Confédération africaine de football, candidat probable mais jusqu’à présent indisponible.
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