31 octobre 2014 / Mis à jour à 02:30 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
Sénégal - Crime et banditisme
Qu’est-ce-qui fait courir Ino ?
Qu’est-ce-qui fait courir Ino ?. Alioune Abatalib Samb, alias Ino, s’est évadé, à la faveur d’une mutinerie dimanche dernier, de la Maison centrale d’arrêt de Dakar, en compagnie de trois acolytes. Les failles du système sécuritaire et le manque d’effectifs de la prison sont mis en cause. La bande à Ino est toujours en cavale.

Wanted. Alioune Samb ou Abatalib Samb, alias Ino, " délinquant notoire ", " bandit de grand chemin " est un habitué des attaques à main armée, des vols de voitures... et des évasions. Trois autres larrons hauts en couleur ont joué les filles de l’air à ses côtés. Konté, " l’homme à la kalachnikov " d’origine libérienne, est fournisseur d’armes automatiques ainsi que d’armes à feu de fabrication artisanale et proxénète à ses heures. Pape Ndiaye n’est pas le plus mauvais chez les braqueurs de véhicules, de banques ou de moutons. Quant à Moussa Dioum, " L’international ", c’est un petit malfrat dissimulé sous les habits d’un talibé.

Ces quatre hommes ont réussi à s’échapper de la Maison centrale d’arrêt de Dakar (MCAD), dimanche dernier, à la faveur d’une mutinerie qui a duré de 11h30 à 13h. Depuis, le milieu carcéral sénégalais est en émoi, la police du pays sur les dents et Interpol, l’organisation internationale de police criminelle, appelée à la rescousse.

" Tout est mis en place pour l’arrestation des fugitifs mais l’affaire ne sera pas de tout repos. Les enquêteurs sont conscients qu’ils s’exposent à de fausses alertes, des " tuyaux crevés " et ils sont obligés de maintenir intactes la surveillance et la vigilance. Les bandits cherchent de leur côté à s’informer sur l’enquête, ils s’organisent pour ne pas se laisser surprendre ", confiait, jeudi, un cadre de la police aux journalistes de Wal Fadjri.

Star du braquage

Cinq ex-fugitifs, arrêtés dimanche dernier après une course-poursuite dans le quartier de Rebeuss, ont été placés sous mandat de dépôt. Ils ont reconnu avoir participé à l’évasion mais n’ont toujours pas révélé où se cache " la bande à Ino ". La chasse à l’homme continue, les inspecteurs plaçant leurs espoirs dans les révélations d’Alassane Sy, alias " Alex ". Ce dernier, blessé, n’a pu se joindre à ses acolytes et a terminé l’aventure à l’hôpital. Ino s’était enrôlé dans sa " bande " - spécialisée dans les vols de voitures - en 1997.

Agé de 24 ans, Ino (diminutif d’Innocent !), compte déjà trois évasions à son actif. Charismatique, il joue avec les photographes à chacune de ses arrestations, apprivoise les caméras et ne se départit pas d’un sourire insolent. Avec d’autres malfrats, il s’est fait une spécialité des cambriolages à main armée. " Après une reconnaissance des lieux, ils attaquent par surprise, menacent, ligotent, blessent souvent mais ne tuent pas. La tâche dévolue à Pape Ndiaye est de rendre groggy un éventuel récalcitrant. Et à Obra Bâ, un autre acolyte, revenait celle d’utiliser son arme pour imprimer la marque de la société Ino et compagnie ", explique un magistrat qui a étudié la bande de près.

Matons tabassés

Les enquêteurs n’arrivent toujours pas à reconstituer l’évasion de dimanche dernier. Pourtant, au vu de l’effectif réduit en poste ce jour-là, rien d’étonnant à ce que les voyous se soient fait la malle. Vingt et un gardes pénitentiaires pour 1097 détenus. 1097 détenus répartis sur 100 m2, alors que la Maison d’arrêt est censée n’en contenir que 590. Impossible dans ces conditions de respecter les normes de sécurité élémentaires. Sans armes, " les matons ont payé de leur personne pour empêcher les prisonniers de s’évader ", rapporte Le Soleil. Bilan : sept agents blessés au cours de la bagarre avec les évadés.

La Maison d’arrêt ne connaît pas de système d’alerte efficace : en cas de casse ou de mutinerie, les gardes en service dans la cour administrative ne peuvent pas savoir de façon immédiate ce qui se passe dans la détention - zone dans laquelle les gardes n’ont pas le droit de porter des armes et où s’est produite la mutinerie.

L’administration pénitentiaire doit revoir sa copie et pense à renforcer l’effectif des agents de sécurité. Il devient également urgent de remettre en état les miradors pour que les gardes puissent avoir une vue d’ensemble de la prison, d’installer des portes à fermeture électrique et un système de télésurveillance. Bref, le minimum requis pour assurer la sécurité d’une prison. Et s’assurer que les prisonniers y restent.


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