24 avril 2014 / Mis à jour à 17:47 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
Gambie - Sénégal - Justice - Catastrophe
Sénégal : les familles des victimes du bateau le "Joola" réclament justice
Le 10e anniversaire du naufrage du Joola, ce mercredi 26 septembre, est l’occasion pour les familles des victimes de faire le procès de l’ancien régime libéral mais aussi de demander à l’actuel gouvernement de faire toute la lumière sur cette catastrophe qui a couté la vie à près de 2 000 personnes.

(De notre correspondant)

La ville de Ziguinchor au sud du Sénégal a été choisie pour la célébration officielle du naufrage du bateau le "Joola". C’est dans cette ville que le navire a débuté son voyage avec à son bord plus de 2000 personnes en majorité des civils. Pendant cette commémoration, le comportement de l’ancien régime libéral a été vivement critiqué. Selon les familles, aucune poursuite judiciaire ni enquête sur les circonstances du drame n’a été ouverte par le président Wade, ancien chef de l’Etat sénégalais. Une attitude perçue comme une façon d’étouffer ce dossier. Les familles conseillent aux nouvelles autorités, qui viennent de prendre cette affaire en main, de ne pas suivre les pas de l’équipe gouvernementale sortante.

Faire toute la lumière sur le naufrage

Les familles réclament des poursuites judiciaires contre toutes les personnalités qui ont été citées dans ce dossier. L’ancien régime avait reconnu sa responsabilité et le président Wade avait obtenu les démissions trois mois après les faits de l’ancien Premier ministre, Mme Mame Madior Boye, de son ministre des Forces armées, Youba Sambou et de son ministre des Transports, Youssou Sakho. Et l’ancien président sénégalais avait aussi écarté certains généraux du commandement nationale de la marine.

Mais, ces départs n’avaient pas calmé la colère des familles des victimes qui souhaitaient voir ces personnalités répondre de leurs responsabilités devant un tribunal. Les familles européennes avaient emboité le pas aux associations sénégalaises en déposant une plainte. En 2008, un juge d’instruction français a lancé neuf mandats d’arrêt internationaux contre de hauts responsables sénégalais, en poste au moment du naufrage, pour « homicides involontaires par violation délibérée d’une obligation de sécurité et défaut d’assistance à personnes en péril ». Aujourd’hui, les familles sénégalaises comptent faire de même.

Le refoulement du Joola

Pour les familles des victimes, la place des disparus ce n’est pas dans les eaux. C’est ainsi que Moussa Cissokho, président de l’Association des victimes du Joola, demande au gouvernement du nouveau président sénégalais, Macky Sall, de renflouer. « Sur cette question, nous lui avons montré qu’un voyage a été effectué en 2006 à Bruxelles pour rencontrer la commission en vue d’aider l’Etat sénégalais à renflouer et que donc la commission était très disposée. Et dans la réponse du président, il nous a fait savoir qu’en son temps, c’est vrai qu’il était dans le gouvernement et il pensait que les avis étaient partagés mais compte tenu du fait qu’aujourd’hui, il y a l’unanimité sur cette question et que le plan de renflouement a été élaboré de manière consensuelle par les familles sénégalaises et les familles européennes. Donc sous ce rapport, il n’y a pas de raison que l’Etat du Sénégal n’aille pas rencontrer bien évidemment la commission pour aller dans le sens du renflouement ». Une réponse qui avait à ce moment là satisfait les familles des victimes sénégalaises.

Le ministre des forces armées sénégalaises n’avait pas répondu aux nombreuses doléances des familles mais il a suggéré aux Sénégalais à bannir le laxisme pour éviter d’éventuelles catastrophes.

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