29 août 2014 / Mis à jour à 19:31 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
dossier : Peine de mort

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Gambie : Dakar et Washington condamnent les exécutions de prisonniers
Dakar et Washington ont sommé le président gambien de cesser les exécutions de détenus en cours. Mais Yahya Jammeh ne semble pas disposer à entendre les réprobations de plus en plus vives de la communauté internationale. Il compte bien exécuter les 48 prisonniers condamnés à mort avant la mi-septembre, comme il l’a annoncé à la fin du mois de Ramadan.

Yahya Jammeh rappelé à l’ordre. Washington a envoyé un communiqué à Banjul pour que cesse « immédiatement » cette série noire d’exécutions des détenus. De leurs côtés, les autorités sénégalaises sont très en colère face à l’entêtement du président gambien, d’autant plus que deux prisonniers sénégalais, un homme et une femme, ont été exécutés.

L’ambassadeur gambien a été convoqué d’urgence mercredi par le Premier ministre sénégalais Abdoul Mbaye. Il a fait part à ce dernier « de la vive réprobation ainsi que de la consternation du gouvernement sénégalais suite aux conditions d’opacité qui ont entouré l’exécution de deux de ses ressortissants en Gambie ».

Abdoul Mbaye a également « rappelé l’obligation pour le gouvernement gambien de se conformer aux dispositions internationales sur les relations consulaires et de fournir toutes les informations utiles sur les conditions de la condamnation et de l’exécution de ses ressortissants ainsi que sur la situation des Sénégalais détenus ou condamnés en Gambie ». Le président Macky Sall a, quant à lui, jugé mardi l’attitude du dirigeant gambien inacceptable, dénonçant un mépris des autorités gambiennes à l’égard du Sénégal.

« Ceux qui tuent seront tués ! »

Au moins neuf personnes ont été exécutées depuis dimanche, parmi les 48 condamnées à mort. Le régime de Banjul est pointé du doigt de toute part. Mais il campe sur ses positions malgré la pluie de contestation qui s’est abattue sur lui. Des organisations de défense des droits de l’homme, dont la Raddho et Amnesty international, ont également fermement condamné ces mises à mort. L’Union européenne et l’Union africaine ont, elles, tenté chacune à leur tour de résonner le chef d’Etat gambien, en vain.

Yahya Jammeh ne semble pas disposer à entendre les réprobations de la communauté internationale. Il compte bien mettre en application à la lettre ce qu’il a annoncé lors de son discours à l’Aid el Fitr, qui célèbre la fin du Ramadan. A savoir, exécuter tous les condamnés à mort d’ici la mi-septembre : « Toutes les exécutions prescrites par la loi seront maintenues dans le pays pour assurer que les criminels reçoivent ce qu’ils méritent (...) Ceux qui tuent seront tués ».

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