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Quand Hitler voulait l’Afrique du Nord
L’Afrika Korps, ces soldats allemands d’Afrique. Au sommet de sa gloire en Europe en 1941, Hitler regarde vers l’Afrique où ses alliés italiens se heurtent à de courageuses troupes britanniques isolées. Il décide d’envoyer un de ses meilleurs hommes, le général Rommel, à la tête d’une armée moderne et motivée répondant au nom de Deutsches Afrikakorps. Malgré des débuts fracassants, l’armée allemande ne parviendra pas à contrer les Alliés en Afrique du Nord.

Après les succès hitlériens en Europe, Mussolini cherche à s’accaparer l’Afrique du Nord sous influence britannique. Or, rapidement, les troupes italiennes se montrent incapables de s’opposer aux contingents envoyés par Churchill. La contre-offensive du VIIIe corps d’armée britannique enfonce les troupes de Rome, et la retraite se transforme en déroute. Une fois de plus, le Reich décide de venir en aide à ses alliés encombrants. L’objectif d’Hitler est également de pousser sa progression jusqu’au Moyen-Orient et de priver les Anglais de leurs ressources en pétrole. Il fait ainsi le choix d’envoyer le redoutable Erwin Rommel, à la tête d’une armée de 45 000 hommes et de 250 chars. Il est également assisté par l’aviation allemande, la Luftwaffe, et reçoit de nombreux renforts par la suite.

Le général reconquiert rapidement le terrain perdu et arrive aux portes Masah Matrouh en Egypte, avant d’être bloqué devant El-Alamein en juin 1942. Cette avancée herculéenne lui fait gagner le surnom de « Renard du désert » chez ses adversaires et son génie tactique est même loué par le commandant en chef des forces alliées dans la région, Claude Auchinleck. En effet, Rommel lance de fréquentes attaques très courtes et extrêmement rapides qui font mouche :

Néanmoins, le Front de l’Est, de plus en plus coûteux en hommes et en matériel, obsède le Führer qui délaisse l’Afrika Korps (DAK).

Hitler lâche un DAK débordé

Les troupes allemandes postées en Afrique du Nord ne sont plus aussi bien approvisionnées en armes, en hommes et en carburant qu’auparavant. Hitler rêve d’écraser les Soviétiques et néglige l’importance de la présence allemande sur le continent africain. Il ne semble plus écouter Rommel et interdit tout repli tactique, ce qui augmente inévitablement les pertes allemandes. Les Italiens sont d’une aide précieuse mais subissent de lourds dommages et sont vite dépassés par la supériorité ennemie. Dans le même temps, Londres envoie des renforts en nommant le général Montgomery commandant de la VIIIe armée. Auchinleck est finalement remplacé par Harold Alexander. De plus, les Français libres deviennent une force de soutien importante dans cet effort de reconquête, après avoir brillé à El-Alamein sous les ordres du général Koenig.

En octobre 1942, Montgomery lance une vaste contre-offensive. Par ailleurs, les Alliés débarquent le 8 novembre au Maroc et en Algérie. Les Allemands et leurs alliés sont donc pris en tenaille. La ville de Tripoli est reprise le 23 janvier 1943 et les troupes coloniales françaises de Leclerc font jonction avec les Britanniques. Le DAK se replie en Tunisie et ne se fait guère d’illusions sur la suite des opérations, même si Hitler se décide à envoyer des renforts menés par le général Von Arnim. Puis, Rommel reçoit quant à lui le commandement intégral du groupe d’armée Afrika, c’est-à-dire de toutes les unités allemandes disponibles. Trop tard.

Dans une lettre du 26 février adressée à sa femme, il décrit la situation comme telle : « Les conditions ne semblent pas du tout réunies pour une victoire rapide sur le front tunisien. Nos moyens fondent à vue d’œil. Nos réserves sont insuffisantes. Comme toujours, le ravitaillement n’arrive qu’en trop petites quantités (…) La supériorité matérielle des Alliés est toujours écrasante : vingt contre un pour les blindés ! » Et pourtant, les Germano-Italiens remportent encore quelques succès et opposent une forte résistance aux Alliés. Le général anglais Alexander n’en revient pas : « En Tunisie, l’ennemi contre-attaque continuellement et réussit à arrêter notre avance au prix de très lourdes pertes (…) Malgré de sévères pertes infligées par nos barrages d’artillerie, l’ennemi persiste dans ses contre-attaques, et il devient évident qu’une avance dans ce massif inextricable, celui des montagnes tunisiennes, sera coûteuse. » Finalement, Rommel quitte l’Afrique du Nord le 9 mars 1943 pour convaincre Hitler d’entreprendre le retrait des forces d’Afrique. En vain, Hitler n’écoute plus personne. Le 13 mai, 250 000 Allemands et Italiens se rendent, épuisés, pieds nus, affamés.

Rommel, la fin du génie militaire

Rommel, dégouté par l’attitude d’Hitler vis-à-vis de ses troupes en Afrique du Nord, prend ses distances avec l’élite nazie. Toutefois, il sert toujours son pays et prédit même que le débarquement allié en Europe aura lieu en Normandie. Bien sûr, Hitler fait fi une nouvelle fois de ses conseils. Alors que le Reich se rétrécit de jour en jour, comme de nombreux officiers allemands, Rommel se rend bien compte que la situation est inextricable et qu’il faut négocier une paix séparée avec les Alliés occidentaux. Il est décidé à écarter le Führer du pouvoir et ne s’oppose pas à l’attentat à la bombe organisé contre Hitler le 20 juillet 1944 dans le cadre de « l’opération Walkyrie », dans son quartier général de Rastenburg. C’est un échec, et les autorités nazies entament la répression contre les officiers mouillés dans le complot. Rommel, blessé quelques jours auparavant lors du mitraillage de sa voiture par l’aviation adverse, échappe aux premières vagues d’arrestations. Cependant, en octobre 1944, on lui intime l’ordre de se suicider en échange de la préservation de son honneur et de l’intégrité de sa famille.

Tuer directement un glorieux serviteur du Reich étant une mauvaise opération de communication, Hitler lui laisse le choix : comparaître devant un tribunal ou s’empoisonner. La seconde option est celle du « renard du désert » en dépit des pleurs de sa femme. Le 14 octobre 1944, le militaire ne se dérobe pas et se donne la mort. Le Maréchal von Rundstedt, lors de la cérémonie funéraire, déclare : « Son cœur appartenait au Führer ». Hitler, gracieusement, offre officiellement à Rommel des funérailles nationales, dans le but de voiler la vérité et de ne pas nuire à sa réputation.

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