22 août 2014 / Mis à jour à 17:33 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
Malawi - Finance
Malawi : une dévaluation pour relancer l’économie
Le kwacha a perdu un tiers de sa valeur. Le régime de Joyce Banda veut renouer avec les bailleurs de fonds internationaux. La dévaluation du kwacha ce lundi est la première étape de cette opération. En suivant le conseil du Fonds monétaire international, que son prédécesseur n’a jamais appliqué, Joyce Banda espère remettre l’économie de son pays sur les rails.

Une dévaluation au Malawi était jusqu’à ce lundi improbable. L’ancien président Bingu wa Mutharika s’était refusé à suivre le conseil du Fonds monétaire international (FMI). Ce n’est pas le cas de la présidente Joyce Banda qui est arrivée au pouvoir à la suite du décès, le 5 avril dernier, de son prédécesseur. Sa priorité : relancer l’économie d’un pays miné par la pauvreté et ses mauvaises relations avec les bailleurs de fonds internationaux. Le FMI a ainsi suspendu une aide de 79 millions de dollars au Malawi à cause de ses dissensions avec le régime de Bingu wa Mutharika, rapporte le site d’informations Nyasa Times.

L’inflation, un mal nécessaire

Le kwacha malawite a perdu ce lundi un tiers de sa valeur (33, 598%) et est ainsi dévalué d’environ 48% par rapport au dollar américain. Selon le cours officiel communiqué par la Reserve Bank of Malawi, la banque centrale, un dollar vaut désormais 247,5 kwachas contre 168 auparavant. Cette dévaluation s’est accompagnée d’une libéralisation du marché des changes.

L’opération a provoqué un vent de panique chez les Malawites qui se sont rués dans les magasins. Depuis l’annonce de la dévaluation, les prix des denrées alimentaires ont flambé. L’économiste Dudwa Phiri, interrogé par le Nyasa Times, rappelle que cette inflation, redoutée dans un pays déjà très pauvre, est normale après un dévaluation. Cependant, la mesure nécessaire depuis plusieurs années, selon les experts, devrait globalement profiter à l’économie du Malawi grâce à ses effets attendus : compétitivité à l’export pour les produits malawites et désintérêt des ménages pour les produits importés, car désormais trop onéreux.


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