26 octobre 2014 / Mis à jour à 22:14 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
Sénégal - Presse - Vie des médias
Libération : Le nouveau quotidien sénégalais « expert en rien et curieux en tout »
Entretien avec le directeur de publication Yakham Mbaye. Le nouveau quotidien d’information générale sénégalais, Libération, est paru ce lundi. Le quotidien élargit donc le paysage médiatique sénégalais qui compte déjà plus d’une vingtaine de publication. Il traitera essentiellement des thèmes liés à la politique, au sport, à l’économie, et aux faits de société. Entretien avec le fondateur de Libération Yakham Mbaye, ancien directeur de publication du journal, Le Populaire.

Afrik.com : Quel est le crédo de Libération ?
Yakham Mbaye :
Libération est un quotidien d’information générale plus ou moins orienté vers l’investigation. Nous ne voulons pas subir la dictature du tout couvrir. Nous n’avons pas la prétention de pouvoir couvrir tous les évènements. Nous voulons couvrir ce qui nous parait essentiel. C’est-à-dire ce qui intéresse les Sénégalais. Nous traitons de l’actualité politique, économique, des sports et abordons notamment des faits de société. Nos deux premiers numéros parus lundi et aujourd’hui sont principalement axés sur l’économie. Nous avons publié lundi une enquête sur la gestion des aéroports au Sénégal. Dans les prochains numéros nous tenterons également de donner une plus large place aux peoples sans pour autant tomber dans le vulgaire. Nous considérons que tous ces thèmes intéressent les Sénégalais. Pour le moment, nous avons trois correspondants sur les trois régions les plus importantes du pays. On a l’ambition de couvrir à terme dix régions.

Afrik.com : Quelle est votre cible ?
Yakham Mbaye :
Nous n’avons aucune cible particulière. Nous avons justement voulu éviter ces démarches éditives prétentieuses. Nous nous adressons à tous les Sénégalais car tous méritent notre attention. Notre slogan est : expert en rien et curieux en tout. Nous ne voulons pas nous mettre de pression. C’est-à-dire être contraint de mettre obligatoirement dans la Une de notre journal un sujet que tous les autres journaux ont également publié en première page. Je vous donne un exemple. Au Sénégal, il est très courant de se réveiller un lundi matin après un week-end de combat de lutte et de voir que tous les journaux ont titré sur la lutte. En trois jours, il y a sans doute eu d’autres sujets intéressants hormis la lutte et qui méritent d’être traités. Nous voulons essayer de faire la différence et écrire sur des sujets qui intéressent avant tout les Sénégalais. Nous avons créé ce journal pour le vendre. Les Sénégalais sont très avertis. Ils aiment être informés. Je pense qu’en donnant une information bonne, juste, et utile, forcément, on a toutes les chances d’être lu.

Afrik.com : Qui finance votre journal ?
Yakham Mbaye :
Je tiens d’abord à dire que nous sommes totalement indépendants. Il n’y a aucun bailleur de fonds et nous ne recevons pas de fonds financiers occultes. Nous le finançons avec nos propres moyens. Pour le moment nous travaillons avec du matériel informatique d’occasion made in France. Et le président du Conseil des éditeurs et diffuseurs de presse (CEDP), qui est un ami à la tête d’une imprimerie, nous a offert deux mois d’impression gratuite. Ce qui est un soutien de taille. En réalité ce projet relève plus d’un pari que d’une ambition. Et il est très médiatisé car tous les journalistes qui y participent ont contribué à la transmission de l’information dans le pays. Entre autres je peux citer les journalistes : Cheikh Mbacké Guissé et Daouda Thiam, du journal L’As, ou encore Pa Assane Seck et Pape Sarr, anciens journalistes des quotidiens Le Populaire et EnQuête. Notre seule ligne éditoriale c’est d’informer vrai, juste, et utile. Nous le démontrerons au quotidien. En effet, je préfère les actes aux paroles.

Afrik.com : Le paysage médiatique sénégalais compte déjà plus d’une vingtaine de publication. Vous ne craignez pas la concurrence ?
Yakham Mbaye :
Pas du tout. Je suis journaliste et j’aime cette profession. Tant qu’il y aura de la liberté d’expression dans le pays personne n’aura le monopole de la première, seconde ou troisième place sur le marché. Le lectorat sénégalais est extrènement volatil. Il ne s’attache pas à un organe de presse en particulier. Je pense qu’en un mois, si l’on assure une bonne distribution et une bonne disponibilité nous pouvons réussir. Le paysage médiatique sénégalais est dynamique. La preuve, de juin à octobre, il y a eu quatre nouvelles publications, dont Libération. Donc je me méfie de toutes ces théories vis-à-vis de la presse sénégalaise qui disent qu’elle est en difficulté. Comment peut-on dire que le secteur de la presse ne marche pas ? Beaucoup d’entreprises, plus particulièrement de téléphonies, telles que Tigo ou Expresso, investissent dans la presse. Et s’ils investissent ce n’est pas pour rien. Ils savent que l’on peut en tirer des bénéfices.

Afrik.com : Quelle est votre originalité face aux autres quotidiens généralistes ?
Yakham Mbaye :
Je pense que notre principal atout c’est le cursus des journalistes qui composent notre rédaction. Ils sont expérimentés et renommés au sein de la profession. Tous ces journalistes et moi-même avons fait dans le passé beaucoup de journalisme d’investigation. Nous n’avons jamais raconté d’histoire aux Sénégalais. Nous avons une bonne présomption. Mais ce n’est pas un acquis définitif. Notre objectif est d’être digne de cette présomption.


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