Cameroun - Nigeria
Cameroun et Nigeria, la descente aux enfers
La phase de qualification pour la CAN 2012 aura réservé son lot de surprises : les nations inattendues (Botswana, Libye, Niger) et les décevantes (Egypte, Algérie, Nigeria, Cameroun). Pourtant, très régulières ces dernières années, les équipes nigériane et camerounaise ont failli. Bonnes sur le papier, la mayonnaise n’a pas pris. Manque de niveau de jeu, querelles intestines... Autant d’explications pour justifier ce coup d’arrêt de ces deux grandes nations du football africain.

L’équipe nationale du Nigeria ne participera donc pas à la Coupe d’Afrique des Nations 2012. La première place du groupe des qualifications lui était pourtant promise. Pas capable de faire mieux qu’une deuxième place face à des équipes a priori bien plus faibles comme l’Ethiopie, le Madagascar et la Guinée qui remporte le ticket pour la CAN, coorganisée par le Gabon et la Guinée Equatoriale.

Le sélectionneur des Super Eagles Samson Siasia explique cette contre-performance en défendant ses joueurs comme il le peut dans les colonnes de KickOff : "Mon équipe est jeune. Je l’ai vu grandir au fil des mois et nous sommes désormais tactiquement meilleurs. Nous avons en moyenne sept occasions par match et nous n’avons jamais encaissé plus de deux buts. Ce qui nous manque, c’est la communication, surtout dans les moments difficiles."

Siasia et Clemente sur la sellette

Il assume tout de même le mécontentement de tout un peuple habitué à des jours plus exaltants. "Nous méritons ces insultes. Au final, nous avons échoué et ça fait mal aux supporters. Alors ils ont le droit d’être en colère", déplore-t-il. Quant à son avenir à la tête de la sélection, il le soumet aux instances dirigeantes nigérianes : "S’ils veulent que je continue, je ferai tout pour remettre l’équipe dans le droit chemin."

Une équipe du Nigeria finalement pas au niveau. Qu’en est-il de la prestation du Cameroun lors de ces éliminatoires ? Les symptômes semblent plus profonds. Les luttes de clans au sein de l’équipe nationale auront eu raison du reste. Un Samuel Eto’o devenu problématique, une Fédération camerounaise frileuse n’osant prendre position et un groupe relevé sont les facteurs de la mort des Lions.

Des Lions pas si indomptables

A la décharge des quadruples vainqueurs de l’épreuve, il aurait fallu un grand Cameroun pour se sortir de cette poule ô combien relevée. Parce que le Sénégal ne les a pas attendu. Emmené par des joueurs confirmés au plus haut niveau comme Souleymane Diawara (Marseille), Kader Mangane (Rennes), Cheikh Mbengue (Toulouse), Moussa Sow (Lille) ou encore Mamadou Niang (Al Saad Doha), il ne fallait pas tergiverser. Les Lions se sont fait dompter par ceux de la Teranga.

Il aurait été légitime d’espérer une confrontation plus serrée entre les deux équipes. Le problème est que la sélection camerounaise avait à régler des luttes de pouvoir en son sein. En toute impunité, Samuel Eto’o détenait les casquettes de joueur, de capitaine et de sélectionneur à la fois. Il décidait qui était qui jouait, qui sortait et qui était puni : un roi en son royaume.

Mais la non-qualification pour la CAN 2012 du Cameroun va peut-être changer la donne. Comme son homologue nigérian, Javier Clemente est sur la sellette. Le technicien espagnol, incapable de relever la tête d’un football camerounais moribond, incapable de gérer les égos de la Tanière, incapable d’instaurer un fond de jeu, incapable de s’adapter aux spécificités camerounaises, n’a jamais convaincu. La course à sa succession a déjà commencé. Il est temps de tourner la page.


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