Fenerbahçe a l’accent africain. Durant l’été, en effet, le grand club turc a enrôlé trois joueurs majeurs venus du continent africain : les Sénégalais Mamadou Niang et Issiar Dia ainsi que le Nigérian Joseph Yobo.
Pendant longtemps, le championnat turc s’est surtout intéressé aux Sud-Américains. Brésiliens et Argentins faisaient admirer leur technique en Türkcell Süperlig. Mais, dernièrement, c’est vers l’Afrique que les recruteurs turcs se sont tournés.
A commencer par Fenerbahçe. Le grand club turc a en effet débauché, lors du mercato estival 2010, les Sénégalais Mamadou Niang (Marseille) et Issiar Dia (Nancy) ainsi que le Nigérian Joseph Yobo (Everton), après s’être intéressé au Ghanéen Asamoah Gyan (Rennes) et aux Sénégalais Moustapha Bayal Sall (Saint-Etienne) et Kader Mangane (Rennes).
"Un très grand club"
Comment expliquer cette attirance des Canaris pour l’Afrique ? Les choix des recruteurs se sont logiquement portés sur des joueurs rompus aux joutes françaises : Niang et Dia, bien sûr, mais également Yobo, passé par l’Olympique de Marseille entre 2001 et 2003. La France est un pays réputé pour la qualité de sa formation et pour des prix raisonnables : en clair, en piochant en Ligue 1, Fenerbahçe s’assure de débaucher des joueurs de qualité, internationaux pour la pulpart, pour un tarif abordable.
Et comme le club turc à les poches pleines, les intéressés eux-même y trouvent leur compte. En plus, signer au Fener, c’est l’assurance de jouer le titre et, donc, la Ligue des Champions. Il n’y a donc pas eu beaucoup d’hésitation pour Issiar Dia, débarqué de Nancy. "C’est un grand club européen qui termine toujours tout en haut du championnat. Il existe aussi une ferveur extraordinaire à Istanbul. C’est très excitant de démarrer une nouvelle vie…", explique l’ailier supersonique. Même son de cloche pour Niang, qui a laissé Marseille et son brassard de capitaine pour les bords du Bosphore : "Fenerbahçe est un très grand club, très populaire en Turquie. Issiar Dia m’a dit que les installations étaient magnifiques, que l’effectif était de qualité."
Pas d’Europe pour les Africains
Manque de chance, cette année, le beau challenge du club fondé en 1907 s’est écroulé. Eliminés en Ligue des Champions par les Young Boys de Berne (2-2, 1-0) puis de la Ligue Europa par le PAOK Salonique (1-0, 1-1), Mamadou Niang et ses coéquipiers n’ont plus que le champion et la Coupe nationale pour se consoler.
Mais les Africains ne sont pas une nouveauté en Turquie. Cette saison, les Camerounais Souleymanou Hamidou, Alioum Saidou ou Salomon Olembe évoluent évoluent à Kayserispor, tout comme le Guinéen Ibrahima Yattara ou le Sénégalais Tony Sylva à Trabzonspor. Fenerbahçe, de son côté, a déjà accueilli les Nigérians Uche Okechukwu ou Augustine « Jay Jay » Okocha et le Ghanéen, Stephen Appiah. La Turquie serait-elle devenue une nouvelle terre d’accueil pour les footballeurs africains ?