21 avril 2014 / Mis à jour à 21:05 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux

Tchad - Cinéma
Youssouf Djaoro : acteur diplômé de l’école de la vie
Il est la tête d’affiche du film "Un homme qui crie" de Mahamat-Saleh Haroun. Il est Adam dans la dernière production de Mahamat-Saleh Haroun, Un Homme qui crie en compétition officielle à Cannes. La performance du comédien tchadien Youssouf Djaoro mériterait bien un prix d’interprétation. Portrait express d’un comédien génialement intense.

Il dit ne sortir ni d’une école de théâtre ni d’une école de cinéma. « J’ai appris le cinéma par amour », affirme Youssouf Djaoro, alias Adam dans Un Homme qui crie du cinéaste tchadien Mahamat-Saleh Haroun, en compétition officielle au festival de Cannes. Il incarne dans cette fiction un père dont les relations vont se détériorer avec son fils. A l’origine de la mésentente : la perte de son emploi de maître-nageur au profit de son unique rejeton.

Jouer la comédie, une histoire d’amour qui commence pour l’acteur tchadien avec un autre compatriote, Issa Serge Coelo qui lui confie le rôle de Tom dans Daresalam (2000). C’est d’ailleurs dans ce film que Mahamat-Saleh Haroun le repère. Il lui fera appel pour Daratt, saison sèche (2006) et son court-métrage Expectations (2008). Un Homme qui crie, qui réunit encore les deux hommes, confirme leurs affinités artistiques. « Pour moi, Youssouf est l’un des plus grands comédiens africains, souligne Mahamat-Saleh Haroun. Le réalisateur se souvient de ce « rôle secondaire » dans Daresalam qui l’a pourtant impressionné. « Il avait ce don de tuer les scènes dès qu’il apparaissait, en fait les comédiens principaux disparaissaient. En ce sens, il tramait le film (…) Je me suis dit qu’il fallait le suivre et je ne me suis pas trompé ».

Mahamat-Saleh Haroun apprécie chez Youssouf Djaoro sa capacité à être dans l’instant. « Il y a quelque chose (chez lui) d’instinctif, d’animal, de félin ». Se confiant au cinéaste tchadien, le comédien lui a expliqué qu’il « se préparait beaucoup » et dès qu’il disait "action", « il oubliait tout et donnait ce qu’il ressentait à ce moment-là ». Pour préparer le rôle d’Adam, Youssouf Djaoro s’est inspiré « de personnes qu’il rencontre au quotidien », baignant comme lui dans les conflits permanents qui minent le Tchad. « Depuis ma naissance, je vis cette situation (de violence) », souligne-t-il.

Acteur « par amour »

Pour Emil Abessolo-M’Bo qui lui donne la réplique dans Un Homme qui crie, Youssouf Djaoro est tout simplement humble car il a fait la meilleure école qui soit en matière de comédie, « celle de la vie ». « Quand on sort d’une école de cinéma ou de théâtre, tout le travail reste à faire(...) On est acteur comme on respire (...) C’est vital. »

Vu également dans Tartina City (2007) de Issa Serge Coelo, la carrière de Youssouf Djaoro se résume pour l’heure à quatre œuvres majeures. Mais ce sont des débuts prometteurs pour un acteur qui est loin d’être un jeune premier. Et c’est aussi cette maturité qui contribue à son talent. Le jury y sera-t-il sensible au point de lui offrir un prix d’interprétation ? Réponse le 23 mai prochain.


dossier
Deux films africains en compétition officielle, Hors la loi du Franco-algérien Rachid Bouchareb et Un homme qui crie du Tchadien Mahamat-Saleh Haroun, et Life, above all du Sud-africain Olivier Schmitz dans la section "Un certain regard", font de la 63e édition du Festival de Cannes un vibrant hommage au Septième art africain. Souvent parent pauvre du cinéma mondial, sa présence du 12 au 23 mai sur la Croisette mérite déjà une...


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