Afrik.com fait les comptes de la 27e CAN. Tops et flops.
Que retenir de la Coupe d’Afrique des Nations 2010 ? Afrik.com vous aide à faire le point sur un mois de compétition entre pleurs et joies, football et politique, déceptions et surprises… Synthèse de la compétition angolaise.
L’Egypte pharaonique
Tout simplement historique. Trois titres de rang, dix-neuf matches sans défaite en Coupe d’Afrique des Nations depuis 2004, quinze buts marqués, deux encaissés… Les statistiques sont éloquentes. Les Pharaons sont les rois d’Afrique et personne, à l’heure actuelle, ne semble à mesure de déboulonner les hommes d’Hassan Shehata. Le technicien égyptien parvient toujours à sortir des joueurs quasi inconnus, tels le Super Sub Geddo auteur du but de la finale face au Ghana, pour compenser les absences des Abou Treika ou Amr Zaki. On l’annonçait vieillissante et sur le déclin après sa défaite face à l’Algérie dans la course à l’Afrique du Sud, l’Egypte a répondu présent en remportant son troisième titre continental d’affilée.
Les surprises du chef
Un vent de fraîcheur a soufflé sur la CAN avec la génération argentée des "baby" Black Stars. Avec une équipe privée de ses stars et leaders traditionnels (Essien, Appiah, Muntari, Mensah…), Milovan Rajevac a guidé une sélection rajeunie et composée des champions du monde des moins de 20 ans vers une finale inespérée. Jamais impressionnants, toujours présents, les Black Stars ont fait mentir les pronostics. De quoi voir venir pour la suite et notamment le Mondial sud-africain.
La Zambie d’Hervé Renard a été également surpris pas mal d’observateurs. Arrivé avec une étiquette de Petit Poucet, les Chipolopolos ont pris tout le monde de court avec un jeu vif et plaisant, animé par les Kalaba, Katongo, Chamanga et autres Mulenga. Les hommes d’Hervé Renard se sont fait remarquer en accrochant la Tunisie (1-1) en poussant le Cameroun dans ses derniers retranchements (3-2), avant de battre le Gabon (2-1). Suffisant pour aller défier les Super Eagles du Nigeria qui auront du attendre la séance de tirs au but pour se défaire de Boulets de Plomb qu’on n’attendait pas à pareille fête.
Les déceptions mondialistes
Les cadors du continent n’auront fait qu’un petit tour avant de rentrer en Europe. On attendait Eto’o et Drogba, on aura eu Geddo et Kalaba. Les Mondialistes n’auront pas été à la hauteur de leur statut présumé en tombant prématurément en quarts de finale. Eléphants et Lions ont affiché d’inquiétantes lacunes en défense, même pas compensées par leurs attaquants de classe internationale. Super Eagles et Fennecs ont fait mieux, en décrochant les médailles de bronze et de chocolat mais leurs performances médiocres inquiéteront plus que le classement final ne rassurera.
Les hommes en noir, la bête noire
C’est un point noir commun à toutes les CAN. L’arbitrage ne suivent pas le niveau tournoi et M. Koffi Codjia, l’arbitre du triste Algérie-Egypte (0-4), aura payé ses erreurs : il est suspendu par la CAF et ne devrait donc participer pas à la Coupe du monde sud-africaine. Mais le sifflet béninois n’a été que le bouc émissaire d’une corporation pas toujours à la hauteur dans cette compétition. La Côte d’Ivoire s’est ainsi vu refuser un but valable en prolongations contre les Fennecs alors que le Cameroun a encaissé un but inexistant en quart de finale contre l’Égypte. A quelque mois de la Coupe du monde, les hommes en noir africains n’ont pas rassuré.
Les stades pas au niveau
C’est un point noir commun à tous les pays organisateurs : une fois le pays-hôte hors course, les stades sont désertés. Les écrins angolais n’ont pas fait exception à la règle. Du stade d’Ombaka à celui du 11 novembre en passant par l’enceinte flambant-neuve de Tundavala, ça ne se bousculait pas aux portillons. La faute à un tarif un brin élevé (10 €) pour un pays où le salaire moyen tourne autour de 100 €.
Sur la pelouse, ce ne fut guère mieux. Indignes, sablonneuses, calamiteuses… Tous les adjectifs aussi péjoratifs les uns que les autres ne sont pas de trop pour qualifier les pelouses de Luanda et de Cabinda. Lubango et Benguela ont proposé des terrains de jeu afin de compenser mais sur ces terrains impraticables, plusieurs joueurs se sont blessés.
La CAF inexcusable punit le Togo
L’organisation de la CAN 2010 n’aura pas été au niveau mais on s’y attendait. Non, ce qui reste le plus choquant dans ce mois de janvier 2010 reste l’attitude de la Confédération africaine de football. Avant même le début de la compétition, la CAN angolaise connaissait un premier coup de tonnerre suite à la fusillade meurtrière du bus togolais dans l’enclave du Cabinda. Bilan, deux morts et de nombreux blessés. Réponse de la CAF alors que les premières rumeurs de décès arrivent à Luanda ? "Ce n’est qu’un pneu qui a explosé". La suite sera à l’avenant. Pas de cellule psychologique pour aider des joueurs, des hommes traumatisés par ce qu’ils viennent de vivre. Alors que les Eperviers commencent à évoquer un départ précipité, le Comité d’organisation rejette la faute sur les Togolais, qui n’auraient pas informé les organisateurs de la compétition qu’ils viendraient par la route. Avant de parler sanction et amendes. "The show must go on", assure Issa Hayatou, le tout puissant président de la CAF. Après s’être ravisée un temps, le CAF a finalement décidé de punir le Togo en lui infligeant 50 000 dollars d’amende ainsi que quatre ans de suspension. Affligeant. Un triste épisode de plus qui vient ternir l’image du football africain.