La fête engendrée par la qualification au Mondial pourrait bien porter l’équipe loin dans cette CAN 2010
Vingt ans après son sacre continental, l’Algérie est à nouveau dans la peau d’un mondialiste. Menée par de brillants techniciens, la sélection veut passer le premier tour et jouer la victoire finale.
Le sélectionneur
Rabah Saadane est un grand habitué de la maison algérienne. Ancien défenseur professionnel, qui fit un passage en France, à Rennes, il met un terme à sa carrière de joueur en 1973, à 27 ans. Après cela, il prend les rênes de la sélection nationale en 1980, pour qualifier les siens en Coupe du monde. Trois ans après, il reprend son poste et mène les Fennecs vers le Mondial 1986. Le technicien part ensuite au Raja Casablanca, où il remporte la C1 africaine en 1989. Depuis, Saadane a été rappelé plusieurs fois au chevet de l’Algérie, qu’il a qualifié pour son troisième mondial.
Le joueur à suivre
Nadir Belhadj est l’un des nombreux Fennecs né en France. Originaire du Jura, il a rejoint le centre de formation de Lens à 16 ans mais n’a pas percé dans le Nord. Transféré à Gueugnon, le gaucher s’y impose rapidement et y côtoie Madjid Bougherra. En 2004, le joueur est vendu à Sedan, qui se hisse en finale de Coupe de France, avant de connaître la montée la saison suivante. En Ligue 1, il impressionne dans son couloir mais les Sangliers sont relégués. Lyon profite de la bonne affaire mais le fait jouer en latéral gauche, dans une défense à quatre, où il est moins à l’aise. Il termine l’exercice à Lens mais son activité ne suffit pas et le club artésien est relégué. Désormais à Portsmouth, il veut briller pour sa première CAN. International depuis 2004, il est la coqueluche du public depuis son doublé contre l’Argentine (3-4). Joueur très fin, élégant balle au pied, il est capable de créer des actions sur son aile qui désarçonnent les lignes adverses.
L’objectif
Absente des débats depuis 6 ans, la sélection algérienne vient avant tout pour passer le premier tour. Ce but semble dans ses cordes vu la composition du groupe. Le match d’ouverture, contre le Malawi, rappel la CAN 1984, avec un succès 3-0 sur ce même pays, peu avant de décrocher une médaille de bronze. Les Aigles du Mali ont également chuté face aux Fennecs en 2007 (3-2), lors d’un match amical. A contrario, le dernier Angola - Algérie a tourné en faveur des locaux (2-1) en 2005. Le niveau de jeu des Fennecs semble suffisamment haut pour sortir de ce groupe cette année. Après avoir écarté des éliminatoires Égypte, double tenant du titre, la qualification serait un minimum.
Les forces
L’équipe de Rabah Saadane possède sans doute l’un des milieux de terrain les plus techniques du tournoi. On y trouve Karim Ziani, Nadir Belhadj ou encore Mourad Meghni et Hassan Yebda, les deux champions du Monde -17 ans en 2001 avec la France. Fort de ces éléments, l’entrejeu des Fennecs peut dominer n’importe quelle équipe. Ajoutez à cela la vista du Lorientais Yazid Mansouri, qui amène l’équilibre nécessaire à l’équipe. La défense n’est pas en reste, avec des joueurs confirmés comme Anthar Yahia, de Bochum, Madjid Bougherra des Rangers ou encore Rafik Halliche du Nacional Madeira. La solidité de l’équipe, et sa capacité à faire le jeu ne font donc plus de doutes à l’aube de cette Coupe d’Afrique 2010.
Les faiblesses
Devant le milieu de terrain très fin techniquement, il semble manquer le tueur qui permettrait de finir les actions. En effet, Rafik Saifi n’a occupé ce poste qu’une saison à Lorient et manque de puissance. De plus, il s’approche des 35 ans. Ghezzal, l’attaquant de Sienne, n’a inscrit que 2 buts cette saison, soit un de plus que Bouazza à Blackpool. De son côté, Rafik Djebbour, buteur efficace en Grèce mais en échec depuis quelques mois, ne fait pas partie de la liste, en dépit d’un but face à l’Égypte (3-1), puis face à l’Uruguay en amical (1-0). Les espoirs à ce poste reposent donc sur le débutant Abdelmalek Ziaya, de l’ES Sétif, en négociation avec Sochaux. Brillant lors de la C3 africaine, avec 16 buts en 13 matches mais sans aucune expérience internationale, il reste la grande inconnue de l’Algérie pour cette CAN 2010.
Gardiens
Fawzi Chaouchi (JS Kabylie), Lounes Gaouaoui (ASO Chlef), Mohamed Amine Zemmamouche (USM Alger)
Défenseurs
Reda Babouche (MC Alger), Madjid Bougherra (Glasgow Rangers), Rafik Halliche (Nacional Madeira), Abdelkader Laifaoui (ES Sétif), Anthar Yahia (Bochum), Samir Zaoui (ASO Chlef), Slimane Raho (ES Sétif)
Défenseurs-Milieux
Nadir Belhadj (Portsmouth), Yassine Bezzaz (Strasbourg)
Milieux
Khaled Lemmouchia (ES Sétif), Yazid Mansouri (Lorient), Hassan Yebda (Portsmouth), Djamel Abdoun (Nantes), Karim Matmour (Borussia M’gladbach), Mourad Meghni (Lazio Rome), Karim Ziani (Wolfsbourg)
Milieux-Attaquants
Hameur Bouazza (Blackpool), Rafik Saïfi (Al-Khor)
Attaquants
Abdelkader Ghezzal (Sienne), Abdelmalek Ziaya (ES Sétif)
Par Matthieu Jennepin
photo : Belhadj et son équipe veulent renouer avec le passé (© Iconsport)