22 décembre 2014 / Mis à jour à 21:03 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux

Madagascar - Conflit - Politique
Madagascar : les négociations piétinent
Les quatre mouvances politiques malgaches peinent à trouver un terrain d’entente. Les négociations sur le partage du pouvoir qui se tenaient du 3 au 5 novembre à Addis Abeba en Ethiopie n’ont pas abouti à une sortie de crise. La situation politique instable à Madagascar demeure inchangée. Les débats butent sur l’attribution des postes de direction de l’exécutif. Le président évincé Marc Ravalomanana refuse catégoriquement que son adversaire Andry Rajoelina reste à la présidence.

Andry Rajoelina ne sait décidément pas ce qu’il veut. Après avoir claqué la porte pendant les pourparlers sur le partage du pouvoir, l’homme fort de Madagascar est revenu vendredi à la table des négociations. « S’ils ne veulent pas de ma présidence, ils sont les responsables du blocage », avait-t-il lancé aux journalistes après avoir quitté la réunion. La cause de sa colère : le changement de position de Marc Ravalomanana. Depuis mardi, le président évincé a remis en cause cet accord de principe au premier jour du sommet « inter-malgache ».

Bras de fer entre Ravalomanana et Rajoelina

Il aura fallu l’intervention du médiateur Joaquim Chissano pourqu’Andry Rajoelina accepte de revenir « pour l’intérêt supérieur de la Nation » et « par respect des accords décidés le 6 octobre ». Le Groupe international de contact (GIC) avait annoncé en octobre dernier à Antananarivo qu’un consensus avait été trouvé parmi les délégations des quatre principales mouvances politiques. La présidence de la transition revenait à Andry Rajoelina, et le poste de Premier ministre à Eugène Mangalaza, pro-Ratsiraka, en remplacement de Monja Roindefo. Mais le revirement de Marc Ravalomanana a changé la donne.

Après trois jours d’âpres discussions, les deux hommes et les anciens chefs d’Etat Albert Zafy et Didier Ratsiraka n’ont pas réussi à trouver un terrain d’entente sur la répartition des postes clé du gouvernement de transition, qui doit aboutir à des élections fin 2010. La médiation a ainsi décidé de prolonger d’une journée ce dialogue qui devait initialement être clos jeudi.

Selon La Tribune de Madagascar, la seule avancée de ces négociations se résume à l’acceptation par la mouvance Ratsiraka de se limiter à cinq ministères. Pour les autres journaux malgaches, l’heure semble être au pessimisme. Avant même la fin des pourparlers, la presse titrait déjà sur « Le consensus introuvable » (DMD) et « L’Echec d’Addis Abeba » (Les Nouvelles).

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dossier
Le président malgache, Marc Ravalomanana, et le jeune maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina, ont engagé un bras de fer en janvier 2009. Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées au cours des manifestations qui ont émaillé le mouvement de contestation engagé par le maire de la capitale.


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