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Jean Ping : « L’impératif d’unité du continent africain s’impose »
Interview du président de la Commission de l’UA à propos de son essai : « Et l’Afrique brillera de mille feux »
lundi 3 août 2009 / par Franck Salin / 3 réactions
Pour Jean Ping, l’Afrique « traverse la crise la plus profonde qui l’ait secouée depuis la fin du règne colonial ». Dans son essai Et l’Afrique brillera de mille feux (L’Harmattan), le président de la Commission de l’Union africaine retrace les cinquante dernières années de la tumultueuse histoire du continent dont il analyse l’état actuel en s’appuyant sur sa riche expérience gabonaise et internationale. Il dresse un constat alarmant de la situation, qu’il attribue en grande partie à la mondialisation et aux modèles de développement imposés par l’Occident, mais ne cède pas à l’afro-pessimisme. Croyant aux vertus de l’Etat fort et de l’unité, il exhorte l’Afrique et ses dirigeants à « se réveiller » et explorer de nouvelles voies au bout desquelles point la clarté du jour.
En costume gris, cravate bleue sur chemise blanche à rayures claires, l’homme est souriant, volontiers rieur. Il reçoit des journalistes à sa table, dans un restaurant du quartier de la Bourse, à Paris. Il se prête aux questions de la presse, et pèse ses mots. Dans son verre, pas une goutte d’alcool, seulement du Coca. Dans son essai, Et l’Afrique brillera de mille feux, qui vient de paraître aux éditions L’Harmattan, Jean Ping, 67 ans, livre une réflexion qu’il souhaitait mettre en forme depuis une dizaine d’années déjà, mais que son agenda d’homme d’Etat et de diplomate l’avait contraint à repousser. Ancien conseiller personnel du président Omar Bongo, titulaire de plusieurs portefeuilles ministériels au Gabon entre 1990 et 2007, président de l’Opep en 1993, président de l’Assemblée générale des Nations-Unies entre 2004 et 2005, cet économiste de formation est président de la Commission de l’Union africaine depuis avril 2008. De cette longue expérience, il tire les nombreux exemples qui illustrent son propos : l’Afrique, dont la souveraineté a été confisquée depuis les indépendances, va mal ; mais il est encore temps de lui « construire ensemble un avenir meilleur ». Entretien. Afrik.com : Citant l’écrivain italien Umberto Eco, vous écrivez que l’Afrique a entamé la « marche de l’écrevisse ». Selon vous, depuis une vingtaine d’années, elle recule. Le constat n’est-il pas trop sévère ?
Afrik.com : Sur quelles bases vous appuyez-vous pour diagnostiquer ce recul ?
Afrik.com : Vous écrivez que la mondialisation qui se développe depuis les années 90 est un mal pour l’Afrique. Mais elle n’est pas la seule à en subir les effets. Pourquoi les conséquences de cette mondialisation seraient-elles plus graves pour elle que pour les autres continents ?
Afrik.com : Vous critiquez la politique de « mise sous tutelle de l’Afrique » imposée par le FMI et la Banque mondiale. La solution pourrait-elle être la rupture ?
Afrik.com : Selon vous, la solution pour un relèvement de l’Afrique passe par la réhabilitation de l’Etat. Vous écrivez qu’il faut lui redonner du sens, voire même le « réinventer ». Qu’entendez-vous par là ?
Afrik.com : Vous êtes président de la Commission de l’Union africaine, une institution qui est souvent présentée comme une usine à gaz au sein de laquelle les membres peinent à trouver un consensus et des solutions concrètes aux problèmes. Dans votre livre, vous affirmez que le renouveau du panafricanisme est nécessaire. Comment parvenir à créer une réelle unité ?
Afrik.com : Pour conclure, l’élection présidentielle dans votre pays, le Gabon, devrait se tenir le 30 août prochain. Que vous inspire-t-elle ?
[1] Mesures standard recommandées aux économies des pays en difficulté par la Banque mondiale et le FMI soutenus par le Département du Trésor américain. [2] Cedeao, Cemac, Comesa, Uemoa…
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