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Madagascar - Conflit - Politique
Madagascar : l’armée au cœur de la tourmente
Les militaires réclament un nouveau Premier ministre issu de l’opposition. La mutinerie gagne du terrain au sein de l’armée malgache. Des soldats dissidents ont encerclé, ce jeudi, la résidence du Premier ministre en demandant son remplacement par un proche du maire déchu d’Antanarivo, Andry Rajoelina. La veille ils avaient renversé le chef d’état-major qui avait fixé un ultimatum de 72 heures aux responsables pour trouver une solution à la crise.

Des mutins de l’armée malgache ont encerclé, jeudi, la résidence du Premier ministre. Ils se sont regroupés, selon Reuters, devant le siège du gouvernement et ont affirmé qu’ils négociaient avec les escortes de celui-ci pour que soit investi un nouveau Premier ministre issu des rangs de l’opposant, Andry Rajoelina. Le président Marc Ravalomanana a appellé, dans un message radiophonique, l’armée et la police à « assumer leurs responsabilités » dans la bataille pour le pouvoir qui l’oppose à Andry Rajoelina.

Edmond Rasolofomahandry, désormais ex-chef d’état-major, qui avait lancé, mardi, un ultimatum de 72 heures « aux dirigeants politiques » pour trouver une solution à la crise, a été remplacé mercredi par les mêmes mutins. Et son ultimatum a été annulé. Le général Rasolofomahandry, nommé par le président de la République a dû céder sa place au colonel André Andriarijaona désigné, lui, par ses compagnons.

« On n’est pas ici pour prendre le pouvoir »

« Les discussions se sont déroulées sans problèmes entre frères. Désormais, l’armée est à mes côtés », a assuré le nouveau chef d’état-major, André Andriarijaona, qui a ajouté : « on n’est pas venu ici pour prendre le pouvoir, faire un coup d’Etat, ou instaurer un directoire militaire. En ce qui nous concerne, il n’y a pas d’ultimatum. » D’après le colonel André Andriarijaona, « il faut laisser aux politiques le soin de résoudre le problème. »

Le changement opéré par ces mutins à la tête de l’armée constitue une défiance vis-à-vis du président Marc Ravalomanana. Car la nomination du chef d’état-major relève, en principe, de son autorité. Cette rébellion intervient juste au lendemain de la démission du ministre de la Défense, le vice- amiral Mamy Ranaivoniarivo. Ce dernier, qui est revenu au gouvernement ce jeudi, aurait été contraint de quitter son poste alors qu’un soulèvement agitait le camp stratégique du Corps d’administration des personnels et services de l’Armée de Terre (CAPSAT). Les soldats rebelles reprochent à Marc Ravalomanana « les violences perpétrées sur la population » et le « recrutement de milices et de mercenaires étrangers ». Les mutins n’ont pas, non plus, apprécié que le général Edmond Rasolofomahandry de faire « fonctionner les affaires nationales » par l’armée si les politiques n’y parvenaient pas.

Méfiance de l’armée vis-à-vis du président

L’armée malgache serait de plus en plus méfiante vis-à-vis de Marc Ravalomanana, rapporte ce jeudi l’agence de presse chinoise Xinhua. Ce qui a poussé le président, dans un discours télévisé, à reconnaître ses « erreurs » et à se dire « prêt à écouter » ses concitoyens pour trouver une solution à la crise. Mais pour y parvenir, Marc Ravalomanana devrait d’abord convaincre son opposant, Andry Rajoelina, de revenir à la table de discussions. Le maire déchu d’Antananarivo a refusé de participer aux assises nationales qui devaient démarrer ce jeudi, sous l’égide du Conseil chrétien des églises (FFKM) et de la médiation des Nations unies.

« Malheureusement, face à la situation actuelle, les conditions d’une tenue paisible des assises ne sont pas réunies », a affirmé Mgr Odon Razanakolona, le président du FFKM. La réunion nationale qui devrait permettre de trouver une sortie de crise négociée a donc été reportée à une date non précisée. Un médiateur des Nations unies a indiqué à l’AFP que l’armée faisait désormais partie des éléments nouveaux à prendre en compte dans les négociations.


dossier
Le président malgache, Marc Ravalomanana, et le jeune maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina, ont engagé un bras de fer en janvier 2009. Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées au cours des manifestations qui ont émaillé le mouvement de contestation engagé par le maire de la capitale.


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