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Haïti : la Suisse va restituer une partie des avoirs de Jean-Claude Duvalier
L’ancien dictateur doit justifier de l’origine de ses fonds placés dans les banques suisses d’ici septembre
L’Office fédérale de la justice suisse donne jusqu’à fin septembre 2008 à la famille Duvalier pour justifier de l’origine de ses avoirs dans des banques suisses. Le cas échéant, la somme de 4,6 millions d’euros sera reversée à l’Etat haïtien.

Les avoirs de Jean-Claude Duvalier, l’ancien dictateur haïtien (1971-1986) sont dorénavant susceptibles d’être reversés à son pays. Si celui-ci n’en justifie pas son origine légale d’ici 3 mois, près de 4,6 millions d’euros seront soustraits à une fortune colossale. Il s’agit là d’une intervention légitime selon le gouvernement haïtien. Jean-Claude Duvalier aurait détourné plus de 100 millions de dollars durant ses quinze années de règne. Alors président à vie, l’ancien despote aurait pioché allègrement dans les caisses des entreprises d’Etat et notamment à travers l’organisation d’œuvres sociales. Pendant trente ans, la dynastie des Duvalier a dirigé Haïti d’une main de fer causant des milliers de morts et de disparus.

Un Etat suisse qui cherche à se « blanchir »

Cette procédure a été lancée en 1986, date à laquelle Jean-Claude Duvalier est chassé du pouvoir suite à une révolte populaire. Le nouveau gouvernement qui le remplace dépos une demande d’entraide judiciaire pour poursuivre en justice l’ancien dictateur. Pendant plus de dix ans, aucune démarche n’ aboutit véritablement. Ce n’est qu’en 2002 que l’affaire est reprise en main : les fonds Duvalier déposés dans les banques helvétiques sont gelées par l’Office fédérale de la justice suisse (OFJ) suite à la demande des autorités haïtiennes.

En mai 2008, l’OFJ s’est chargé lui-même de l’exécution du dossier et a ordonné le déblocage des fonds Duvalier, peu de temps après le renouvellement de la demande d’entraide judiciaire avec Haïti. Ce n’est pas la première fois que Berne s’emploie à geler, voire, transférer les avoirs d’un ancien dictateur. L’ancien président zaïrois, Mobutu Sese Seko, avait fait l’objet de la même démarche. Une façon pour la Suisse de redorer son image. De la à considérer que la Suisse n’est plus un point d’ancrage de nombres de fortunes mondiales mal acquises…


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