Le Tribunal de Bruxelles a rejeté la demande de mise en liberté provisoire que les avocats de la défense avaient introduite. A l’issue de l’audience, les avocats ont annoncé qu’ils allaient introduire un pourvoi en cassation parce que Jean-Pierre Bemba n’était pas assisté par un défenseur lors du premier interrogatoire de l’accusé, peu après son arrestation.
Pour les avocats, le non-respect de cette procédure entraîne la nullité de l’arrestation de leur client. Dans le cas où la Cour de cassation prononcerait la nullité de l’arrestation du leader du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), celui-devrait pouvoir être libéré.
Toutefois, il y a peu de chance que cela se passe de cette façon, parce que l’avis de la Cour pénale internationale (CPI) est requis avant de procéder à la libération du prévenu.
En effet, la CPI a ordonné l’arrestation de Jean-Pierre Bemba, le 24 mai, parce qu’elle détenait des informations selon lesquelles l’homme recherché comptait quitter la Belgique le jour d’après, le 25 mai, pour une destination inconnue, fait-on savoir de source sûre.
Accusé de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, Jean- Pierre Bemba doit être transféré à La Haye (Pays-Bas) au siège de la CPI, auteur du mandat d’arrêt international contre l’homme politique congolais.
La présence de proches de Bemba signalée à Bruxelles
Au cours d’une rencontre avec la presse à Bruxelles, Liliane Bemba, l’épouse de Jean-Pierre Bemba, a exhibé une lettre datée du 4 janvier 2003, dans laquelle son mari a ordonné "l’arrestation, à titre préventif, de huit de ses soldats, dont la conduite à Bangui s’est avérée contraire aux consignes données tant aux officiers qu’aux hommes de troupes, avant leur départ pour la Centrafrique".
Mais cet argument ne pourrait être pris en considération que lors du procès qui devrait s’ouvrir dans un an à La Haye. Il est toutefois à craindre que son transfert à La Haye entraîne des violences en Equateur, sa province d’origine, et à Kinshasa où Jean-Pierre Bemba jouit d’une grande popularité.
Par ailleurs, on fait état de la présence, à Bruxelles, de Olivier Kamitatu, ministre congolais du Plan et ancien président du Parlement congolais, ainsi que de Antoine Ghonda, conseiller spécial du président Joseph Kabila et ancien ministre congolais des Affaires étrangères. Anciens membres du MLC, Kamitatu et Ghonda étaient des proches collaborateurs de Bemba au moment des faits reprochés à ce dernier. On ignore cependant si leur présence est en relation avec l’affaire Bemba.
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