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Racisme : des supporters de Bastia insultent à nouveau Boubacar Kébé
La Ligue de football professionnel étudie ce lundi les suites à donner à cet incident raciste
Boubacar Kébé a été victime d’insultes racistes vendredi, lors d’un match de deuxième division opposant son club, Libourne Saint-Seurin, à Bastia. Le scénario se répète donc pour le footballeur burkinabè, déjà traité de la sorte en septembre dernier lors du match aller. Alors que le président du club corse minimise l’affaire, des responsables du ballon rond ont vivement condamné la dérive.

Raciste un jour, raciste toujours ? Boubacar Kébé n’a pas disputé la 25e journée de Ligue 2 qui opposait vendredi son club, Libourne Saint-Seurin, à Bastia, ville corse hôte de la rencontre. Il s’est retrouvé pourtant bien malgré lui sous les projecteurs avant même le coup d’envoi du match. Dans les tribunes du stade Furiani, des supporters bastiais tenaient deux banderoles. Sur la première, on pouvait lire : « On n’est pas racistes ».

Match retardé de trois minutes

Une allusion au 14 septembre dernier. Lors du match aller à Libourne Saint-Seurin, des supporters avaient multipliés les insultes racistes, poussant le joueur à commettre un geste qui lui avait valu un carton rouge. On aurait pu alors penser que, par la banderole « on n’est pas racistes », les Bastiais faisaient amende honorable. C’était sans compter la deuxième partie du message, d’une élégance rare : « La preuve, on t’encule ».

« Conformément aux consignes, le délégué de la Ligue [de football professionnel (LFP)] et l’arbitre du match, M. Poulat, ont refusé de donner le coup d’envoi de la rencontre jusqu’au retrait de la banderole. Ce coup d’envoi a donc été retardé de trois minutes. Le président de la LFP, Frédéric Thiriez, s’est ensuite entretenu par téléphone avec le président de Bastia, Charles Orlanducci, pour lui rappeler le règlement et les sanctions encourues par le club. Le match s’est ensuite déroulé sans autre incident », raconte un communiqué de la LFP publié samedi. La rencontre s’est soldée par 2-1 pour Bastia.

Vives condamnations

Les réactions ont été nombreuses après cet épisode, qui arrive environ une semaine après qu’Abdeslam Ouaddou (Valenciennes) aurait essuyé des insultes racistes. « Je suis ulcéré que l’on puisse voir des comportements comme cela. Je pense qu’il faut qu’on soit très, très dur avec les gens qui les mettent, plus qu’avec les clubs », a déclaré Bernard Laydis, président de Libourne Saint-Seurin, sur les ondes de RTL. « Dans le contexte de cette soirée et de ce week-end, consacrés à des manifestations anti-racistes dans tous les stades, (l’incident à Bastia) est particulièrement malheureux, et particulièrement stupide », a renchérit le directeur de la Ligue, Jean-Pierre Hugues, sur la même radio.

Le secrétaire d’Etat aux Sports, qui a avait déjà réclamé des sanctions plus dures après l’affaire Ouaddou, a réitéré son propos. « Ce nouvel incident, qui plus est en l’absence du joueur déjà victime d’actes de cette nature, prouve s’il en était nécessaire, l’exigence absolue et l’urgence de la mise en place de mesures fermes et dissuasives afin de bouter hors des enceintes sportives ces individus qui veulent y apporter le racisme et la violence », explique Bernard Laporte dans un communiqué.

Le président de Bastia réfute le racisme

Si le « caractère raciste, homophobe » et « d’une totale stupidité » des banderoles ne fait aucun doute pour Jean-Pierre Hugues, le président de Bastia n’en pense rien. « La banderole en elle-même n’était pas à caractère raciste mais elle s’adressait à M. Kébé. Je suis allé la retirer, a-t-il déclaré sur RTL. On les condamne mais que voulez-vous qu’on fasse contre ça ? Le message, on le passe sans arrêt et on l’a passé toute la semaine. Donnez-nous des solutions et ce sera fait ! Ce n’est pas un incident à relever ça quand même ! Ça se passe chaque semaine dans les stades. Il ne faut pas nous enfoncer à cause de cette banderole quand même ! On espère beaucoup de compréhension de la part de la ligue ».

De la compréhension ? Pas sûr qu’il obtienne satisfaction. La LFP a saisi sa commission de discipline, qui doit statuer ce lundi. Mais lors des incidents du 14 septembre, elle n’avait pas tranché en faveur du club corse : elle lui avait retiré un point au classement. Une décision qui n’avait pas d’incidence majeure, mais qui avait le mérite d’être historique.

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