Etrange que ce quart de finale, soixantième confrontation entre le Ghana, pays organisateur de la Coupe d’Afrique des Nations 2008, et son voisin nigérian. Les Black Star ont longtemps dominé la première mi-temps (58% de possession de balle), grâce à leur milieu de terrain, en construisant leurs actions jusqu’à l’entrée de la surface de réparation adverse, mais sans jamais parvenir à y faire la différence. La faute à un Agogo aux contrôles approximatifs et à un Gyan Asamoah trop imprécis devant le but.
De l’autre côté, les Super Eagles, à qui le Ghana ne laisse pas le temps de poser le pied sur le ballon, se montrent dangereux en contre grâce à un Uche virevoltant sur son aile gauche. Ayegbeni avait vendangé une occasion seul à l’entrée de la surface ghanéenne, à la 9e minute, il se ratrappe à la 33e lorsque l’arbitre siffle un penalty après une faute d’Addo sur lui. L’attaquant d’Everton se fait justice et donne l’avantage à son équipe.
A partir de ce moment, s’est au tour des Super Eagles de mettre le pied sur le ballon et de le faire tourner, ce qu’il font parfaitement jusqu’à la 48e minute de la première mi-temps. Déjà sanctionnés de deux cartons jaunes (Taiwo à la 7e et Nwaneri à la 17e), les Nigerians sont agressifs et provoquent de nombreuses fautes. Sur l’une d’elle, Owusu centre du gauche un ballon que Michael Essien reprend de la tête pour tromper Ejide. Tout est à refaire pour les coéquipiers du gardien nigérian.
Dominateurs à 10 contre 11
Dès la reprise, le génial milieu de terrain des Super Eagles, Jon Obi Mikel, tente un lobe des quarante mètres sur une sortie de la tête hasardeuse du gardien ghanéen. De justesse, Kingson dévie la frappe millimétrée du milieu de Chelsea en corner. L’ancien attaquant lillois Peter Odemwinge est très percutant à la pointe de l’attaque du Nigeria et le capitaine ghanéen John Mensah ne peut que commettre une faute sur lui lorsqu’il file au but à la 59e minute. L’arbitre algérien de la partie sanctionne le Rennais, dernier défenseur, d’un carton rouge.
Sur le coup franc, Kingson se détend pour repousser un missile de Taye Taiwo. Une action qui sera l’une des dernières des Super Eagles, pourtant à 11 contre 10. Claude Le Roy effectue un premier changement en remplaçant Gyan, épuisé, par le milieu offensif Kingston, très bon depuis le début de la compétition. A 30 degrés, les premières crampes commencent en effet à apparaître. Sullley Muntari, l’un des meilleurs joueur de la partie, en est victime. A le voir évoluer, on comprend pourquoi le président de Portsmouth voulait retenir son milieu de terrain le plus longtemps possible avant de le laisser prendre la route de la CAN.
Sulley Muntari se relève finalement et avec Dramani, entré à la 74e à la place de Owusu, les Ghanéens se montrent dangereux et largement dominateurs. A la 84e minute, c’est le nouvel entrant qui dribble sur le côté gauche pour servir Muntari, lequel adresse un centre tir puissant devant le but qu’Agogo n’a plus qu’à contrer dans le but. L’attaquant de Nottingham Forest, qui avait manqué une frappe une minute plus tôt, exulte. Comme les 50 000 supporters ghanéens qui ont pris place dans le stade d’Accra.