A chaque problème, il y a une solution. Cette maxime est la colonne vertébrale d’« Une solution existe », l’émission que 3A Télésud lancera le 4 octobre. A la manière du « Sans aucun doute » de TF1, la première chaîne française, ce nouveau programme s’est fixé pour objectif de résoudre les difficultés rencontrées par la communauté noire de France. Grâce à une équipe d’Avocats africains et antillais de France, emmenée par Me Augustin Kemadjou, elle pourra chercher une solution à ses problèmes de famille, de discrimination (emploi, logement…), de logement insalubre, d’arnaque, d’assurance, de crédit et même d’expulsion abusive. Au cours de l’émission, le téléspectateur aura par ailleurs la possibilité, par un appel téléphonique ou un SMS surtaxés, de demander conseil aux avocats présents sur le plateau. Précisions du tout jeune Heridel Ntema-Mampuya, l’animateur français d’origine congolaise (RDC) de l’émission.
Afrik.com : Comment est née « Une solution existe » ?
Heridel Ntema-Mampuya : C’est Vincent Douine (responsable du développement économique de 3A Télésud, ndlr) qui a eu l’idée. Il devait remplir une case de programmes spécifique et il m’a parlé d’une émission de ce type. Il m’a ensuite proposé de trouver un nom, d’approfondir le concept et de présenter l’émission.
Afrik.com : Pourquoi une telle émission ?
Heridel Ntema-Mampuya : Il y a tellement de problèmes aujourd’hui. Des Noirs se trouvent dans des situations difficiles dans les administrations françaises, qui sont indifférentes à leurs problèmes de logement insalubre, de discrimination et de toute sorte d’autres choses. Certains vivent ces situations difficiles depuis plusieurs années. C’est ce que nous avons constaté en consultant l’association des Avocats africains et antillais de France, qui nous fournit les premiers cas que nous filmerons.
Afrik.com : Pour régler ce genre de problèmes, il existe « Sans Aucun Doute »…
Heridel Ntema-Mampuya : Cette émission ne s’attache qu’à régler les problèmes des personnes de type caucasien en majorité. Les Noirs sont peu visibles à la télévision. Même s’il y a Roselmack et Pulvaar, on est dans une France uni-teinte. Personne ne s’intéresse aux problèmes des immigrés qui se font recaler d’un travail parce qu’ils n’ont pas la tête de l’emploi. Nous nous sommes engagés à ne pas faire de la discrimination contre les Blancs, mais nous allons nous intéresser en priorité aux personne de la communauté « afro-caribéenne ».
Afrik.com : Pensez-vous traiter les problèmes rencontrés par les sans-papiers ?
Heridel Ntema-Mampuya : Bien entendu, nous y avons pensé. Mais c’est un terrain glissant. On ne peut pas aller à l’encontre de l’administration. C’est impossible car il y a le poids de l’institution. Surtout dans la République où on est… Mais si nous constatons des problèmes de papiers flagrants, comme quelqu’un qui vit en France depuis 15 ans mais n’a pas ses papiers alors qu’il aurait dû, il se peut que nous fassions quelque chose. Mais il faut faire attention à ce qu’en traitant ces cas on ne mette pas les intéressés en situation de crise : si c’est pour que l’histoire finisse par une expulsion, ce n’est pas la peine.
Afrik.com : Est-ce difficile de trouver des « clients » pour tourner les premières émissions ?
Heridel Ntema-Mampuya : Comme nous n’avons pas encore de communication sur l’émission ce n’est pas facile de trouver des cas. De mon côté, je démarche des personnes de mon entourage pour voir si elles connaissent des victimes que nous pourrions aider. Le souci est qu’il ne faut pas que l’affaire soit ouverte par le parquet. On ne peut pas non plus se lancer dans des affaires qui prennent deux ans car on ne pourra pas être réactif. C’est pour cela que l’on va se pencher sur des problèmes de la vie courante, des gens qui ont des petits soucis et qui essayent de s’en sortir.
Afrik.com : Comment se déroulera l’émission ?
Heridel Ntema-Mampuya : Elle sera filmée sur un petit plateau. Il y aura deux pupitres pour les avocats, un siège pour le plaignant et moi-même debout. Nous passerons quelques coup de fil au « défendeur » afin qu’il puisse s’exprimer. Il y aura aussi des reportages pour illustrer la situation vécue par les plaignants. On fera des reportages sur les logements insalubres, la discrimination et peut-être que nous ferons du testing (expérience qui consiste à déterminer s’il y a discrimination, ndlr).
Afrik.com : Quel est votre objectif ?
Heridel Ntema-Mampuya : Etre une émission de service public, faire ce que l’Etat ou le gouvernement ne fait pas. Peu importe qu’ils soient caucasiens ou pas : on ne laissera pas les gens sur le pas de la porte.
Pour faire part de votre problème, envoyez un e-mail à vdouine@telesud.com