1er novembre 2014 / Mis à jour à 10:10 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
Etats-Unis - Guinée-Bissau - Science
Whoopy Goldberg la bissau-guinéenne
La généalogie par la génétique fait des émules chez les africains-américains. D’après des tests génétiques entrepris auprès du laboratoire African Ancestor, basé à Washington, la célèbre actrice américaine Whoopy Goldberg serait d’origine bissau-guinéenne. Les membres du gouvernement de la Guinée-Bissau lui ont envoyé un courrier pour lui témoigner leur fierté. Ils espèrent qu’elle se rendra, très prochainement, sur la terre de ses aïeux.

Whoopy Goldberg serait bissau-guinéenne par ses ancêtres. Des analyses ADN réalisées par le laboratoire African Ancestor, spécialiste des Afro-américains dans le domaine de la généalogie et de la génétique, auraient prouvé les origines bissau-guinéennes de l’actrice. Ses ancêtres viendraient du village de Ome, 45 Km de Bissau ; et elle appartiendrait aux tribus Papel et Bayote. Lorsque les journalistes de l’Associated Press, qui se sont rendus à Ome, ont montré la photo de l’actrice à Iye Faustino, un villageois de 28 ans, il leur a assuré que « cette femme doit être papel. Les formes de sa bouche et de son nez ressemblent aux nôtres ».

En apprenant la nouvelle, le gouvernement bissau-guinéen a rédigé une lettre officielle à son attention. Le courrier a été envoyé à Washington, au Département d’Etat avec l’ordre qu’il soit délivré à l’actrice. Deux pages, dans lesquelles, ils ont exprimé leur joie immense, leur respect et leur fierté de la compter parmi les enfants de la Guinée-Bissau. Ils lui assurent que la nouvelle a réveillé en eux un sentiment de fraternité très profond qui ne pouvait pas les laisser indifférent. La lettre s’est terminée avec une invitation officielle. « Elle viendra. Elle est bissau-guinéenne. C’est notre fille. Elle est des nôtres » a déclaré le ministre du tourisme, Francisco Conduto de Pina.

L’événement a donné l’espoir aux dirigeants guinéens que l’actrice américaine pourrait aider le pays de ses aïeux à sortir de la misère dans laquelle il se trouve. Petit pays de 1,3 millions d’habitant, la Guinée-Bissau est l’un des Etats les plus pauvres du monde. « Nous l’attendons avec beaucoup d’enthousiasme » a affirmé le premier ministre, Aristides Gomes qui a ajouté être un fan de l’un de ses films : La couleur pourpre.

Cependant, Brad Cafarelli, l’attaché de presse de Whoopy a appris à l’AP, par email, que l’actrice n’avait jamais reçu le courrier envoyé par le gouvernement bissau-guinéen. Il a ajouté, par ailleurs, qu’elle anime actuellement une émission radio quotidienne à New York donc qu’elle est dans l’incapacité de voyager, dans un futur proche.

La généalogie par la génétique

Whoopy Goldberg est loin d’être la seule à avoir eu recours à la génétique pour retrouver ses racines. Cette méthode attire de plus en plus. Grâce aux recherches menées depuis vingt ans sur le décryptage du génome humain, il est désormais possible de reconstituer l’histoire des familles non plus par les archives de l’état civil mais en déchiffrant les chromosomes. Depuis cinq ans, des dizaines de laboratoires aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, comme Family Tree DNA à Houston et Oxford Ancestry à Cambridge, se sont lancés sur ce marché. Ils proposent des analyses pour quelques centaines d’euros. Les intéressées doivent envoyer, par la poste, un coton tige imbibé de salive à condition de signer un formulaire autorisant l’enregistrement de leurs données sur un fichier sécurisé.

Le laboratoire African Ancestry, à Washington, s’est spécialisé dans la clientèle des Noirs américains. Privés d’archives à cause de l’esclavage, ils se ruent sur ces tests pour connaître le pays d’origine de leurs ancêtres africains. De nombreuses stars des médias y ont eu recours, notamment la présentatrice télévision Oprah winfrey qui serait originaire de la tribu des Kpelle du Libéria, et le réalisateur Spike Lee qui aurait des racines camerounaises.

Le jour où elle avait reçu ses résultats, Whoopy Goldberg s’était demandée : « qui verrai-je quand j’irai là-bas au village ? Est-ce que je vais reconnaître quelqu’un ? Vont-ils ressembler à ma mère ? » Les villageois, eux, sont prêts à l’accueillir les bras grands ouverts, comme Faustino qui a déclaré : « elle est belle, si elle vient, nous serons heureux de la voir. »


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