2 septembre 2014 / Mis à jour à 01:13 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
Ile Maurice - Pollution
L’Île Maurice part en guerre contre la pollution
Pollution alarmante. Les ressources naturelles du pays sont gravement menacées par la pollution. Au banc des accusés : l’industrialisation du pays et le manque de sensibilisation des Mauriciens. Le gouvernement déclenche une série de mesures pour mieux protéger la biodiversité.

L’Île Maurice, destination favorite de nos stars et du président français Jacques Chirac, coupable de...pollution extrême. Un envers du décor inattendu pour cette " perle " de l’océan indien, connue pour son lagon bleu paradisiaque et son grand parc naturel, abritant plantes et oiseaux rares aux mille couleurs. A tel point que le ministre de l’Environnement du nouveau gouvernement, Rajesh Bhagwan, a organisé d’urgence, le premier " Séminaire national sur la stratégie de la biodiversité ". Réunis depuis hier à Port-Louis, les experts planchent sur les moyens à mettre en oeuvre avec les autres ministères, pour ralentir la dégradation croissante, au cours de ces dix dernières années, de la faune et la flore.

Selon les chiffres officiels, toutes les ressources naturelles sont concernées : 27 % des espèces locales d’animaux - sur les 796 recensées- sont menacées de disparition ; 15 % des essences de plantes n’existent plus, alors que les espèces restantes, fragilisées, se raréfient. La moitié des spécimens d’oiseaux a disparu. Et le constat se veut tout autant pessimiste pour les reptiles et les escargots.

De mauvaises habitudes

Un désastre écologique que les experts imputent en premier lieu à l’évolution socio-économique du pays au cours de la dernière décennie. " L’industrialisation et l’urbanisation ont peu à peu amené la pollution dans les villes, le long des côtes, et dans les forêts, explique M. Ramyead, directeur du développement et de l’environnement au sein du ministère éponyme. Mais il s’agit aussi d’un problème " d’éducation, et de sensibilisation, même si 99 % des Mauriciens sont alphabétisés " poursuit le directeur. Les Mauriciens, grands amateurs de balades en forêts et de pique-nique familiaux sur les plages continuent de " jeter les détritus par terre ". Une absence de discipline qui s’explique par le fait que pendant longtemps le pays a manqué cruellement de réseaux d’assainissement, de systèmes de tout à l’égout, ou encore de ramassages des ordures ménagères.

Le lagon et les récifs de corail qui entourent l’Île font également les frais de la pollution. " Les industries ont pris l’habitude de déverser leurs déchets dans la mer puisque il n’y avait pas de station d’épuration, analyse Emilie Miraud, géographe à la Réunion. Mais les cyclones, violents dans cette région, et de plus en plus fréquents, sont tout autant dévastateurs pour les coraux. Ils drainent tous les sédiments de l’intérieur de l’île vers le lagon. "

Une police de l’environnement

Le ministère de l’Environnement tire donc la sonnette d’alarme. Un wagon de mesures se met en place pour une meilleure conservation du patrimoine naturel. Dans six mois une équipe de " policiers de l’environnement " sera opérationnelle dans tout le pays. " Ils auront un pouvoir élargi de dissuasion et d’exécution pour sanctionner immédiatement les pollueurs, et notamment les entreprises, explique M. Ramyead. Ensuite, avec l’aide du ministère de l’Education, des cours sur la protection de l’environnement seront inscrits au programme, dans les écoles primaires et secondaires. "

LÎle Maurice a été l’un des tout premiers pays a ratifier la Convention internationale sur la biodiversité, lors du sommet de la Terre, à Rio en 1992. Des progrès ont déjà été réalisés dans le domaine de la vie quotidienne propices à réduire la destruction de l’environnement. Le pourcentage des foyers ayant accès à l’électricité, à l’eau courante, au gaz domestique et à divers autres agréments de la vie courante, a augmenté considérablement entre 1990 et 2000. A titre d’exemple, les foyers qui s’approvisionnaient en eau à partir de puits ou de fleuves, ont baissé de 10,5 % durant cette période. )

Ce premier séminaire dénote une volonté politique certaine de contrer le phénomène de la pollution. D’autant que le ministère du Tourisme aurait fait savoir sans détour, au reste du gouvernement, son inquiétude sur le sujet. Le pays, haut lieu de villégiature chic, attire chaque année plus de 500 000 visiteurs. Une manne économique à ne pas négliger.


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