21 mai 2018 / Mis à jour à 18:59 - Paris  Newsletter  /    Alertes e-mail  /    English edition  /    Flux
Amérique du sud - Mexique - Diaspora - Histoire
Afrodescendants mexicains : un peu d’histoire

La participation des populations d’origine africaine à la construction de l’identité mexicaine, a été, sauf exception, un phénomène historique peu étudié, sinon totalement ignoré par la majorité des historiens mexicains. Durant la période coloniale, la population africaine a eu à un moment donné une présence en nombre très importante ; et sa culture, par le biais d’un intense métissage, s’est fondue dans ce qui est aujourd’hui le Mexique. La forte présence indigène et l’acculturation rapide des africains –du fait en bonne partie de la diversité de leurs origines et de l’absence d’une langue commune- rendent difficiles une évaluation de nos jours des contributions culturelles et raciales des africains qui sont arrivés au Mexique ; on peut même affirmer qu’en terme de culture générale du mexicain, le sujet est presque inexistant.

Au cours des dernières années, l’intérêt pour l’étude et la réflexion de l’africanité au Mexique a crû, et il est certain que sa diffusion par le biais de la vidéo et de la télévision constituera une importante contribution à la divulgation de cette partie occulte de notre histoire. Les premiers africains arrivés au Mexique durant l’époque coloniale venaient en grande majorité des Antilles. Ces noirs étaient déjà passés par un processus de latinisation, raison pour laquelle on les appelait « ladinos ».

Au courant du XVIème siècle, les marchands passaient leur temps à naviguer sur toutes les mers, faisant le trafic de l’ivoire, de l’or, d’espèces et surtout des esclaves qu’ils importaient d’Afrique en tant que main d’œuvre pour les entreprises coloniales d’Amérique. Les chiffres de la population africaine en Nouvelle Espagne ne sont pas précis ; la difficulté de les établir s’ajoute au fait qu’en plus du commerce légal, il existait une contrebande intense durant toute la période coloniale qui a introduit un nombre indéterminé d’esclaves dans toutes les colonies d’Amérique.

On peut estimer à partir des chiffres donnés par l’éminent spécialiste du sujet, le Dr. Gonzalo Aguirre Beltrán, que en 1570 il y avait 20 659 africains en Nouvelle Espagne, cent ans plus tard ce chiffre passait à 35 089 et en 1742 leur nombre avait diminué pour s’établir à 20 131. Cette variabilité numérique est sans doute due à l’intense métissage dans lequel les noirs se sont vus immergés depuis leur arrivée sur les nouvelles terres.

Les recherches sur la contribution des africains au développement économique et culturel de notre pays, sont très loin d’avoir été largement réalisées ; cependant au cours des dernières années, un groupe d’historiens a commencé à détecter dans l’immense patrimoine culturel de la nation, certaines traditions, coutumes, croyances et autres caractéristiques qui jusqu’à de récentes études n’étaient pas connues comme provenant de l’Afrique. Les africains au Mexique, comme c’est le cas dans les autres nations d’Amérique, ont contribué à la construction de notre pays par leur force de travail, par leur sang et par leur culture.

Traduit d’afromexico.org



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